L'eurodéputée Rima Hassan a exprimé, vendredi, son indignation face à ce qu'elle qualifie de "harcèlement judiciaire". Cette déclaration survient après avoir été entendue par la police à Paris, seulement un jour après avoir été placée en garde à vue pour des accusations d'apologie du terrorisme.
À l’âge de 33 ans, cette élue de La France insoumise a tenu une conférence de presse pour dénoncer ce qu'elle appelle "un véritable harcèlement". "Ce harcèlement est directement lié à mes opinions politiques", a-t-elle souligné dans le bureau de son avocat, Vincent Brengarth.
La situation de Rima Hassan, déjà mise en cause à plusieurs reprises, semble s'aggraver : elle a récemment reçu deux convocations, alors qu'elle se trouve au cœur d'une plainte, émanant de l'organisation juive européenne OJE et du collectif d'extrême droite Némésis. Sur le réseau social X, elle a déclaré : "Je fais l'objet d'une dynamique de harcèlement depuis mes débuts en politique, sans relâche".
Le parquet de Paris a révélé que Rima Hassan avait déjà été sujet à 16 procédures, dont 13 ont été classées sans suite. Cependant, six autres procédures restent en cours, certaines étant toujours sous l'égide de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).
Le jeudi précédent, l'eurodéputée est ressortie libre de garde à vue, mais avec une convocation fixée pour le 7 juillet, concernant une accusation d'apologie du terrorisme liée à un post controversé sur X. En parallèle, deux nouvelles convocations pour le 16 septembre ont été émises, pour des chefs d'apologie publique et de provocation à commettre un crime.
Le contexte a pris une tournure encore plus complexe avec la découverte de possibles traces de drogue lors de sa garde à vue. En réponse à cela, Rima Hassan a clarifié que le CBD qu'elle avait était destiné à un usage médical.
L'avocat de Rima, Me Brengarth, a ainsi appelé à une enquête sur les fuites d'informations durant la garde à vue, dénonçant un traitement déviant de la procédure.
Sur le plan politique, cette affaire a provoqué des tensions au sein même de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ce qu'il considère comme une "police politique", soulignant les dangers d'une telle dynamique à l'approche des échéances électorales. Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a justifié les actions de ses services, en affirmant que le tweet de Rima Hassan méritait un signalement.
Forte de ses prises de position sur la situation en Israël, Rima Hassan s'est imposée comme une figure emblématique du mouvement pro-palestinien en France, notamment suite aux événements tragiques du 7 octobre 2023. À cette occasion, elle avait suscité de vives réactions, reflétant le fossé grandissant autour de cette thématique au sein de l’échiquier politique français.







