Début mars, Washington a imposé des sanctions à l'armée rwandaise en raison de son soutien aux forces du groupe antigouvernemental M23, qui a conquis, depuis fin 2021, de vastes territoires dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une région marquée par des conflits incessants.
Le président rwandais Paul Kagame a exprimé son indignation face à ces sanctions, les qualifiant d'«insultes jetées à la face» de son pays. Il estime que les États-Unis exercent «une lourde pression» sur Kigali tout en adoptant une approche «délicate» envers Kinshasa. Ces sanctions font suite à l'essor du M23, qui menace la stabilité de la région, riche en ressources naturelles.
Un accord de paix fragile a été signé en décembre dernier entre la RDC et le Rwanda sous l'égide des États-Unis, sans toutefois mettre fin aux hostilités. Dans une interview récente avec le Jeune Afrique, Kagame a déclaré : «Les sanctions et les menaces ne sont que des insultes jetées à la face de mon pays». Il a également critiqué la gestion américaine des relations, soulignant que son pays respecte les engagements pris, contrairement à la RDC.
La montée en puissance du M23 a provoqué une série d'événements alarmants, notamment la prise des villes de Goma et Bukavu. En décembre, le groupe a également réussi à capturer Uvira, une ville stratégique à la frontière du Burundi, avant de se retirer sous la pression américaine.
Kagame a également abordé le sujet des géants pétroliers comme Total et Exxon Mobil, leur demandant de «trouver comment financer la sécurité dont elles ont besoin» dans la province mozambicaine de Cabo Delgado, confrontée à des menaces djihadistes. Si les garanties de financement de l'Union européenne ne sont pas fournies, le Rwanda pourrait retirer ses troupes de la zone, comme il l'a déjà fait par le passé.







