Le 21 janvier, le Sénat a entendu les représentants de Shein et du BHV dans une atmosphère tendue. Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, n’a pas mâché ses mots sur RTL en évoquant des "mensonges" et un manque de clarté de la part de ces entreprises.
Cette convocation a eu lieu deux mois après l’ouverture d’un point de vente Shein au BHV Marais à Paris. Frédéric Merlin, directeur de la Société des grands magasins (SGM) qui gère le BHV, a fait face à des questions incisives des sénateurs. Selon ses dires, l’affluence quotidienne est conséquente avec 5.000 visiteurs, mais les ventes demeurent décevantes, se chiffrant à seulement 2.000 euros par jour, selon les syndicats.
Dans un contexte où le nouveau partenariat peine à séduire, Frédéric Merlin admet une "vraie baisse de chiffre d'affaires" depuis l'arrivée de Shein. "En peu de temps, nous ne pouvions pas réaliser un sans faute. On a réajusté nos collections, mais nous ne convertissons qu’un client sur dix en acheteur", a-t-il reconnu sur RTL.
Le porte-parole de Shein accusé de mensonge
Yann Rivoallan a été virulent à l’égard de Quentin Ruffat, le porte-parole de Shein, qu’il a qualifié de "Pipo" pour avoir entretenu des mensonges concernant les pratiques de l’entreprise en France. Rivoallan s’interroge : "Comment une société aussi rigoureuse a-t-elle pu vendre des articles aussi inacceptables ?" faisant allusion aux scandales récents touchant la marque.
Une opacité persistante sur les chiffres de Shein
En outre, le président de la Fédération évoque le désarroi de Frédéric Merlin, qu'il considère "acculé" par ses dettes envers les marques et fournisseurs. "Il est obligé de s’associer avec Shein, car sans ce partenariat, son modèle économique est en péril", a-t-il affirmé sur RTL.
Concernant l'implantation de Shein dans d'anciens magasins Galeries Lafayette, Rivoallan met en lumière la rivalité croissante sur le marché français. Tout en affirmant que la marque acquitte la TVA, il dénonce l'absence de transparence sur ses chiffres d'affaires, ce qui alimente la méfiance vis-à-vis de ses pratiques commerciales. Lors des questions de Yannick Jadot, lorsque le porte-parole a été interpellé sur ses marges, il s'est refusé à répondre, accentuant les soupçons de dissimulation d'information.







