Ce mardi 20 janvier, l'Espagne commence un deuil national de trois jours suite à la collision tragique de deux trains qui a fait au moins 41 morts en Andalousie. La famille royale, représentée par le roi Felipe VI et la reine Letizia, se rendra sur le site de l'accident dans l'espoir d'apporter son soutien aux familles des victimes et aux blessés.
Les recherches continuent sur les lieux du drame, où les deux trains, brutalement déformés, laissent craindre une augmentation du nombre de victimes. Le gouvernement régional andalou a confirmé que 39 personnes, dont quatre enfants, sont toujours hospitalisées, treize d’entre elles étant en soins intensifs.
Bilan total toujours incertain
La maison royale a annoncé que le couple royal se rendra à Adamuz puis à Cordoue, où se trouvent certains des blessés. Le bilan de cette tragédie pourrait être revu à la hausse, car des corps pourraient encore se trouver coincés dans les carcasses des trains, ce qui a entraîné 43 signalements de disparitions de la part de proches.
Le président régional, Juan Manuel Moreno, a déclaré que les autorités pourraient fournir un bilan définitif dans les 24 à 48 heures, après l'identification de cinq des victimes lors des autopsies.
D’après les premières informations, les trains de l’opérateur privé Iryo, en provenance de Madrid, ont déraillé et empiété sur la voie opposée, où ils ont été percutés par un train de la compagnie nationale Renfe à grande vitesse, circulant à plus de 200 km/h. Au moment de la collision, plus de 500 passagers étaient à bord des deux trains.
Enquête en cours sur les causes
Les autorités s'interrogent sur les causes de cet accident qualifié d'“extrêmement étrange” par le ministre des Transports, Oscar Puente. L’accident s’est produit sur une portion de voie récemment rénovée, et malgré le passage de trois trains sans incident 20 minutes auparavant, des anomalies n’ont pas été signalées.
Une enquête est en cours pour déterminer si la rupture d’un tronçon de voie observée sur certaines photos a été à l’origine du déraillement. Pour l’instant, il semble que la vitesse n'ait pas été un facteur, et l’erreur humaine est “pratiquement exclue”, selon le président de Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il est possible que le problème provienne d'un défectuosité du matériel roulant ou d’une défaillance d’infrastructure.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a promis transparence et vérité sur cette atrocité, qui rappelle la catastrophe de 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle ayant fait 80 victimes. Un premier rapport préliminaire pourrait être publié d'ici deux à trois mois, avec un rapport final d’ici un an, selon César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.
Cette tragédie soulève également des interrogations sur la sécurité des transports en Espagne, et les experts s’accordent à dire qu’elle pourrait conduire à des réformes significatives dans l’infrastructure ferroviaire.







