Le tribunal sud-coréen a prononcé, le 16 janvier, une peine de cinq ans de prison à l'encontre de l'ancien président Yoon Suk Yeol, reconnu coupable d'obstruction à la justice et d'abus de pouvoir. Cette condamnation fait suite à sa tentative ratée d'imposer la loi martiale en décembre 2024, une initiative qui lui a valu une forte opposition populaire et plusieurs mois de turbulences politiques.
À 65 ans, Yoon, autrefois figure montante du système judiciaire sud-coréen, fait face à une série de poursuites judiciaires, dont une pour insurrection qui pourrait potentiellement aboutir à la peine de mort, une mesure toujours appliquée dans le pays. Le parquet avait, en effet, demandé une peine de dix ans dans cette affaire de loi martiale, alors que le tribunal a tranché pour une peine inférieure.
Lors du jugement, le président du tribunal, Baek Dae-hyun, a souligné l' « extrême gravité » de la culpabilité de l'accusé, notant que Yoon avait montré une attitude méprisante envers la Constitution. L'incident déclencheur remonte au 3 décembre 2024, lorsqu'il annonça à la télévision l'instauration d'une loi martiale, invoquant la nécessité de protéger le pays des « forces communistes nord-coréennes ». Bref revirement de situation, il fit marche arrière quelques heures plus tard, lorsqu’un nombre suffisant de députés contrôlés par l'opposition parvint à voter la suspension de son décret.
Yoon doit encore faire face à d'autres accusations, dont une liée à son ordre d'envoyer des drones au-dessus de Pyongyang, une manœuvre visant à provoquer une réaction de la Corée du Nord et justifier l'imposition de la loi martiale. Des experts en droit et des analystes politiques estiment que cette affaire pourrait avoir des répercussions profondes sur la démocratie sud-coréenne, mettant en lumière les tensions qui existent au sein du pays.
Alors qu'il a sept jours pour faire appel de sa condamnation, les remous judiciaires vont sans cesse entourer Yoon et ses collaborateurs. La situation offre une occasion unique d'observer l'évolution de la justice sud-coréenne et la capacité de l'ancien président à se défendre face à des accusations aussi graves. Selon l'agence de presse Yonhap, il continue de clamer avoir agi dans le cadre de ses prérogatives en tant que chef de l'État, notant que son intention n'était pas celle d'un gouvernement dictatorial.







