Emmanuel Macron, le président français, affiche un intérêt marqué pour le renseignement, s'inspirant de la série Le bureau des légendes. Son engagement se traduit par des résultats contrastés, comme l'indiquent Pierre Gastineau et Antoine Izambart dans leur ouvrage Les espions du Président, où ils mettent en lumière l'évolution et les lacunes des services secrets français.
Un tournant majeur a été constaté lors de l'annexion de la Crimée en 2014. À cette époque, les services français étaient absents à Kiev, et les erreurs d'analyse subséquentes ont conduit à une mécompréhension des intentions de Vladimir Poutine. L'aveu des anciens directeurs de renseignement souligne une adhésion à des préjugés qui ont entravé une juste évaluation des menaces, un constat que le quotidien Le Monde a également partagé.
Durant son mandat, Macron a considérablement augmenté le budget alloué aux services de renseignement, passant de 2,4 milliards d'euros à 3,1 milliards entre 2017 et 2023. Il a également renforcé les effectifs de 10,1 % durant son premier quinquennat, illustrant ainsi sa détermination à moderniser le secteur. L'expert en sécurité nationale, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, souligne que cette centralisation vise à renforcer la collecte d'informations, mais se heurte à une problématique de confiance envers les analyses produites.
Sur le plan économique, les services secrets jouent désormais un rôle crucial dans la protection des entreprises stratégiques, particulièrement dans le secteur de la défense et de l'énergie. Le président Macron a incité les services à orienter leurs efforts pour accompagner les entreprises françaises sur le marché international, un mouvement qui a des répercussions directes sur la compétitivité. Selon Challenges, cette stratégie a déjà permis des avancées concrètes, mais des échecs, comme le contrat annulé des sous-marins avec l'Australie, illustrent aussi les défis à surmonter, accentuant la nécessité d'une surveillance accrue des initiatives de renseignement.
Concernant la cybersécurité, la création du cyber campus à Paris reste à l'état embryonnaire, tandis qu'un écosystème dynamique se développe entre Rennes et Bruz, rassemblant des institutionnels et des start-ups. Pourtant, la dépendance de la DGSI envers des acteurs américains pour l'analyse de données reste une préoccupation majeure, illustrant la difficulté d'établir un réseau de renseignement souverain.
Enfin, l'analyste politique François Heisbourg avertit qu'un sérieux déficit d'intelligence a marqué la réponse française face aux agressions russes, où la vision étriquée des relations de partenaires a conduit à une sous-estimation des véritables ambitions de Poutine. “Nous avons détourné notre regard de la réalité”, confie Heisbourg, soulignant la nécessité d'une réévaluation urgente des paradigmes de sécurité en France.







