À Paris, le procès de Mahdieh Esfandiari, une ressortissante iranienne poursuivie pour apologie du terrorisme, suscite un grand intérêt. Ce tribunal correctionnel, où les débats débutent le 13 janvier, devient le théâtre d’enjeux diplomatiques majeurs.
En effet, Cécile Kohler et Jacques Paris, deux Français détenus en Iran depuis plus de mille jours, ont vu leur sort étroitement lié à celui de cette traductrice de 39 ans. Selon des sources du Monde, les autorités iraniennes envisagent de considérer Esfandiari comme un élément d'échange dans le cadre de leur négociation avec la France. Libérés le 4 novembre, les deux Français vivent actuellement dans l’ambassade française à Téhéran, toujours sous contrôle judiciaire.
Mahdieh Esfandiari, qui vit en France depuis 2018, fait face à des accusations graves, y compris l’apologie d’un acte terroriste et incitation à la violence à travers des plateformes en ligne. Son avocat, maître Nabil Boudi, exprime sa confiance quant à la possibilité pour sa cliente de clarifier ses propos, considérant le procès comme une chance de défendre ses opinions.
Des déclarations controversées après les attaques du 7 octobre
Esfandiari a été mise en arrestation en février 2024 pour des commentaires jugés provocateurs sur l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Sur ses comptes sur X, Telegram et d’autres plateformes, elle a salué l’assaut, ce qui a conduit le procureur à la poursuivre. Des déclarations de sa part, telles que celle remerciant la République islamique pour son soutien à la Résistance, sont au cœur de l’affaire.
Un rapport du Parisien soulève des inquiétudes concernant les implications de ses propos. En outre, des perquisitions à son domicile ont révélé des livres publiés par le régime iranien, ainsi que des fonds en espèces, ce qui renforce les suspicions à son égard.
Un échange diplomatique en perspective
Déjà après son arrestation, des discussions sur un éventuel échange avec Cécile Kohler et Jacques Paris étaient en cours. Selon des renseignements d’AFP, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a récemment mentionné la proximité d’un accord, affirmant : "Nous sommes parvenus à une étape où les négociations sur l'échange de prisonniers se rapprochent de leur conclusion."
Ce contexte délicat met en lumière non seulement les relations entre la France et l'Iran, mais également les tensions croissantes liées à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme. Comme l’a observé l’expert en géopolitique Jean-Yves Fava, "Chaque mouvement dans ce dossier est scruté par les deux parties, les enjeux vont bien au-delà d’un simple procès."
Dans ce climat tendu, la décision du tribunal parisien pourrait marquer un tournant significatif dans les relations franco-iraniennes. La soutenabilité de cet échange sera suivie de près, tant pour le sort de Cécile Kohler et Jacques Paris que pour l’image internationale de l’Iran sur la scène diplomatique.







