Gaza (Territoires palestiniens) – Après des mois de gestion collective, le mouvement islamiste Hamas se prépare à des élections internes cruciales, marquées par l'objectif d'assurer une place solide dans la bande de Gaza, sérieusement endommagée par le conflit avec Israël.
L'attaque surprise du 7 octobre 2023 a eu des répercussions cataclysmiques, laissant 2,2 millions d'habitants dans une situation humanitaire déplorable et décapitant la hiérarchie du Hamas. Le cessez-le-feu fragile, entré en vigueur sous pression des États-Unis, est régulièrement perturbé par des accusations mutuelles de violations de la trêve.
Les attaques israéliennes continuent de semer la terreur, comme en témoigne le bombardement récent qui a tué 13 personnes, dont 5 enfants, selon les autorités de Gaza, tandis que l'armée israélienne affirme cibler des "terroristes".
Face à cette instabilité, le Hamas doit élaborer une vision stratégique à long terme. Un responsable a révélé récemment que le processus de désignation d'un nouveau dirigeant devrait se conclure "dans les premiers mois de 2026", impliquant même les membres actuellement détenus par Israël dans la consultation.
Cette élection mènera à la formation d'un Conseil de la Choura de 50 membres, incluant à la fois des figures religieuses et des représentants du mouvement en Gaza, en Cisjordanie et à l'étranger. Cependant, la date exacte des élections reste incertaine, en raison du climat instable et des conditions actuelles.
Outre la nécessité de renouveller sa direction suite à la mort de figures clés comme Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinouar, le Hamas a décidé d'un modèle temporaire de direction collective. Cela vise à minimiser les impacts des potentielles assassinats ciblés par Israël, comme le note le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).
Des favoris émergeants et une nécessité de discrétion
Malgré le secret qui entoure les structures de décision du Hamas, deux candidats semblent se distinguer du lot. Khalil al-Hayya, 65 ans, a joué un rôle central au sein du mouvement depuis 2006 et est bien connu pour ses négociations avec Israël par l’intermédiaire de pays comme le Qatar et l’Égypte. Son influence est renforcée par le soutien des brigades Ezzedine Al-Qassam, bras armé du Hamas.
De l'autre côté, Khaled Mechaal, ancien responsable du bureau politique, possède une vaste expérience et des relations solides, bien qu'il n'ait pas vécu à Gaza. Sa transformation du Hamas en une organisation hybride combinant militantisme et politique a été significative, selon l'analyse de Counter-Extremism Project (CEP).
Malgré le soutien financier continu de pays comme le Qatar, une source interne a rejeté toute ingérence étrangère dans ce processus électoral crucial. Les révoltes actuelles en Iran sont également suivies de près. Comme l'explique David Khalfa, analyste à la fondation Jean-Jaurès : "Le Hamas navigue entre ses alliances régionales et la nécessité de maintenir des équilibres internes. Un effondrement de l'Iran serait catastrophique pour ses ambitions politiques et militaires."
Ainsi, le Hamas se trouve à un carrefour décisif, étant donné que sa survie dépend de la gouvernance intérieure tout autant que de l'équilibre instable de ses partenariats régionaux.







