L'historien français Vincent Lemire, connu pour sa critique des actions israéliennes à Gaza, a récemment été empêché de voyager en Israël. Prévu pour participer à une série de séminaires avec des universitaires israéliens et palestiniens, l'interdiction a été notifiée par un courriel des autorités israéliennes, l'informant de la révocation de son autorisation d'entrée, sans explication, à quatre jours de son vol.
Professeur d'histoire à l'université Paris-Est Gustave-Eiffel, Lemire a dirigé le centre de recherche français à Jérusalem entre 2019 et 2023. Il a dénoncé à plusieurs reprises la crise humanitaire à Gaza, réclamant des sanctions contre Israël. "Il s'agit d'une décision délibérée", a déclaré Lemire, notant que cette notification survient juste avant un voyage qu'il avait planifié depuis des mois.
Ceux qui suivent ce dossier soulignent que cette action est représentative d'une tendance plus large consistant à réduire la liberté d'expression et à intimider les voix critiques. Lemire, qui a maintenu des relations régulières avec des universitaires israéliens, trouve cette situation d'autant plus surprenante, car il n'a jamais cherché à boycotter le pays.
Dans une tribune coécrite avec Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, parue dans Le Monde, ils ont exhorté le président Emmanuel Macron à imposer des sanctions immédiates à Israël, mettant en lumière l'urgence humanitaire : "Il faut agir maintenant pour permettre l'accès à des provisions et soins à Gaza". Cette situation n’est pas sans rappeler les interdictions récentes infligées à plusieurs ONG travaillant dans la région, accentuant la perception d’une volonté de supprimer toute voix de dissentiment, comme l’a noté l’analyste politique Thomas Clément dans un article du Journal du Dimanche.
Alors que l’historien explore les voies légales possibles pour contester cette décision, les implications sur la liberté académique sont préoccupantes. Il dit : "C'est mon terrain de recherche depuis plus de vingt ans. Cette restriction soulève des questions sérieuses pour les chercheurs souhaitant aborder des sujets sensibles". Alors que ce thème résonne au sein de la communauté académique et au-delà, il devient urgent de préserver un espace de dialogue critique et d’échange.







