Depuis le début de l'année, une nouvelle étape s'impose pour les étrangers souhaitant obtenir un titre de séjour pluriannuel ou une carte de résident en France : le test civique. Ce test évalue non seulement la connaissance des institutions françaises, mais aussi la compréhension des valeurs républicaines.
Les candidats doivent répondre à 40 questions sur des thèmes variés tels que l'histoire, la géographie, et la culture française. Parmi les interrogations, on trouve par exemple : "Quand le traité de Maastricht a-t-il été signé ?" ou "Quel océan borde la côte ouest française ?" Les épreuves incluent également des mises en situation, jugées complexes par de nombreux participants.
Les réactions des candidats à la sortie des centres d'examen sont partagées. Certains, comme Lassana, un Malien vivant en France depuis dix ans, témoignent de leur surprise face à des questions jugées "étranges". Pourtant, il réussit brillamment avec un score de 37 sur 40, échappant ainsi à la nécessité de repasser le test, qui coûte 70 euros.
Ce nouveau processus, en place depuis le 1er janvier, s'ajoute à d'autres exigences, comme une évaluation de la maîtrise de la langue française et des documents administratifs. Rita, une enseignante libanaise, évoque des "questions pièges" du test, telles que celles sur la laïcité en France. "Il faut servir l'usager, peu importe son signe religieux", souligne-t-elle.
Cependant, des experts comme Leïla Marçot, directrice de l'association Paroles voyageuses, expriment des inquiétudes. "Pour des personnes moins scolarisées, les exigences sont très élevées," déclare-t-elle. "Des questions sur des courants littéraires, par exemple, peuvent sembler déconnectées de leur réalité quotidienne. Cela pourrait conduire des individus compétents à des situations d'irrégularité," ajoute-t-elle, alertant sur les conséquences de ce dispositif.
En somme, alors que ce test civique vise à garantir une bonne intégration des étrangers, il suscite aussi des interrogations sur ses critères de sélection et son impact sur des milliers de candidats. Manuel Valls, ancien Premier ministre, a récemment affirmé que les exigences liées à la naturalisation doivent également tenir compte des réalités vécues par les immigrants. "Nous devons trouver un équilibre entre les attentes de la République et la réalité des nouveaux arrivants," a-t-il déclaré lors d'un discours. La société française doit donc réfléchir profondément à ce que signifie véritablement l'intégration.







