Paris (France) - Dans une réaction attendue face à la colère des agriculteurs, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a présenté ce vendredi un vaste ensemble de mesures destinées à soutenir les éleveurs, principalement touchés par la dermatose nodulaire bovine (DNC).
Le montant du fonds d'indemnisation pour les éleveurs affectés par cette maladie a été doublé, atteignant désormais 22 millions d'euros. Cette annonce intervient alors que la gestion de la DNC a provoqué de vives protestations au sein de la profession agricole.
Dans ce contexte, la ministre a évoqué une possible modification du protocole d'abattage total des troupeaux infectés, soulignant que toute évolution serait conditionnée à des avis scientifiques rigoureux. Elle a également salué les progrès réalisés en matière de vaccination dans le Sud-Ouest, région où plus de 85% des bovins sont désormais vaccinés et où aucun nouveau cas n’a été signalé depuis plusieurs jours.
Répondant aux inquiétudes des éleveurs face aux attaques de loups, Annie Genevard a annoncé une augmentation de 10% du quota de tirs autorisés pour abattre ces animaux. L’année 2025 pourrait voir un quota d’abattage établi à 19% d’une population lupine estimée à 1.082 individus, alors qu’en 2023, plus de 4.000 attaques ont été recensées.
De plus, en réponse aux besoins pressants des agriculteurs, la ministre a promis la signature imminente des décrets d'application de la loi Duplomb, qui facilitera la construction de bâtiments d'élevage. Elle a ajouté que des mesures pour faire face aux nuisibles qui compromettent les cultures seraient mises en place avant le Salon de l'agriculture.
Annie Genevard a également réaffirmé l'engagement du gouvernement envers les viticulteurs et les céréaliers, en mettant en avant les avancées obtenues à Bruxelles concernant l'utilisation des engrais et le maintien d’un budget adéquat pour la future Politique agricole commune. Cette détermination est cruciale dans un contexte où la profession agricole est fortement affectée par des crises multiples.
Pour sa part, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a mis en garde contre les motions de censure que l’Assemblée nationale pourrait examiner prochainement. Elle a souligné que la stabilité du gouvernement est essentielle pour trouver des solutions aux défis auxquels se heurte le monde agricole. Si le gouvernement venait à tomber, cela enverrait un message dévastateur aux viticulteurs déjà vulnérables.
Ces annonces légitiment les craintes et les espoirs des agriculteurs, appelant à un suivi scrupuleux des mesures concrètes à mettre en œuvre. De nombreux acteurs de la filière, comme la FNSEA, n’hésiteront pas à se mobiliser pour garantir que ces promesses se traduisent en résultats tangibles sur le terrain.







