Paris (France) – Alors que les inquiétudes s'accumulent autour du secteur agricole, le gouvernement poursuivait ce mardi des consultations avec les agriculteurs, notamment avec la puissante FNSEA. L'objectif est de désamorcer une agitation qui s'intensifie sur le terrain, où les autorités ont interdit les déplacements de tracteurs, une mesure que les agriculteurs promettent de défier.
Après les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale, c'est au tour de la FNSEA et de la Confédération paysanne d'être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon. Parmi les causes de cette grogne : l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) touchant les bovins, la chute des prix du blé et le coût élevé des engrais. Ces problèmes sont exacerbés par une menace de concurrence accrue en provenance des pays sud-américains du Mercosur, suscitant un profond mécontentement, que même les propositions récentes du gouvernement n'ont pas réussi à apaiser.
Les arrêtés préfectoraux interdisant les convois de tracteurs à travers une large partie de la France jusqu'à jeudi sont perçus comme une tentative de freiner les projets de blocages prévus, notamment à Paris, déjà lourdement impactée par la neige et le verglas. Malgré cela, Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a affirmé que l'organisation ignorera ces interdictions : « Nous irons porter nos doléances à Paris, de manière pacifique, même au risque de quelques arrestations. » La Coordination rurale prévoit déjà de faire converger ses cortèges vers la capitale dès jeudi.
Bien que la FNSEA ait prononcé un appel à la mobilisation nationale, ses actions semblent jusqu'à présent être plutôt localisées. Des blocages ont été signalés par la gendarmerie sur plusieurs autoroutes, dont l'A75, l'A64 et l'A7, témoignant d'un ras-le-bol général des agriculteurs.
En réponse à cette situation de crise, Sébastien Lecornu a récemment sollicité l'Union européenne pour qu'elle renforce les contrôles aux frontières concernant les produits agricoles ne respectant pas les normes sanitaires en vigueur. De plus, le gouvernement a annoncé son intention de suspendre l'importation de fruits et légumes d'Amérique du Sud contenant des résidus de produits phytosanitaires interdits en Europe. Toutefois, ces engagements sont jugés insuffisants par les syndicats, qui restent en deçà des attentes des agriculteurs, incitant à une poursuite des tensions et des revendications sur le terrain.







