Un nouveau drame a frappé la scène musicale péruvienne. Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux musiciens d'un orchestre de cumbia ont été blessés par balles alors qu'ils se produisaient dans une rue de Lima, marquant la troisième attaque armée visant des groupes musicaux en moins d'un an. Les faits se sont déroulés dans le district populaire de Carabayllo, où un homme à moto a ouvert le feu sur les artistes en plein spectacle.
Les victimes, un guitariste péruvien et un tromboniste vénézuélien, ont été rapidement transférés à l'hôpital, bien que leur état de santé n'ait pas été précisé, selon des déclarations du ministère de la Santé. Les images diffusées sur les réseaux sociaux illustrent la panique générale et l'évacuation chaotique d'un des blessés par ses collègues.
Un climat de peur
Carlos Miguel Morales, leader du groupe Carlos Miguel y Orquesta, a révélé à la radio RPP que l'attaque semblait être dirigée directement contre lui : "Tout était orienté vers moi", a-t-il déclaré. Ce climat d'insécurité n'est pas une première ; en octobre dernier, quatre membres de l'orchestre Agua Marina avaient été blessés lors d'un concert similaire. Plus tragiquement, le chanteur du groupe Armonia 10, Paul Flores, a été abattu en mars dernier dans une attaque contre le bus de la formation.
Les groupes de cumbia, qui connaissent une immense popularité au Pérou, sont devenus des cibles de choix pour des actes d'extorsion et de violence. Selon plusieurs rapports, cette spirale de violence ne touche pas uniquement le milieu artistique, mais s'étend à différentes sphères de la société péruvienne. En réponse à cette recrudescence, le gouvernement a décrété l'état d'urgence dans la capitale et déployé l'armée dans les rues, une mesure qui, selon certains experts, est insuffisante pour contrer les causes profondes de ce phénomène.
La situation soulève des questions sur la sécurité des artistes, de la cohabitation des genres musicaux et des protections nécessaires pour les musiciens au Pérou. L'impact socioculturel de telles violences sur la scène musicale est profond et suscite des craintes quant à l'avenir de la cumbia péruvienne, dont les racines populaires sont intimement liées aux réalités sociales du pays.
Alors que l'enquête pour "lésions graves par projectile d'arme à feu" est menée par le parquet, le besoin d'une réponse collectively forte se fait sentir. Les voix s'élèvent pour appeler à une concertation des autorités et des acteurs culturels pour restaurer la sécurité et la paix dans le paysage musical péruvien.







