Un racisme décomplexé déferle sur le terrain numérique du Mondial 2026 de foot masculin. Mais il n’est ni l’apanage des supporteurs, ni celui du ballon rond. Ce qui traverse les arènes sportives traverse avant tout la société.
Par Ambre Philouze-Rousseau
Au-delà des hommages à la diversité présentés dans les publicités diffusées pendant les pauses « fraîcheurs », un racisme décomplexé envahit les réseaux sociaux liés au Mondial 2026. Selon la FIFA, il y a eu une hausse de 13 % des messages à caractère raciste par rapport à 2022.
Comme l’indique la Nouvelle République, plusieurs publications sur Facebook exposent ce problème. Les joueurs néerlandais Kluivert, Timber et Summerville ont fait face à des insultes racistes après leur élimination face au Maroc. Kylian Mbappé, dans une interview après avoir raté un penalty lors de l’Euro 2021, a souligné : « Je me suis dit que je jouais pour des gens qui, si je ne marque pas, vont penser que je suis un singe. »
Le racisme ancré dans le sport ne se limite pas aux supporteurs. C’est tout un écosystème, des clubs locaux aux instances dirigeantes, qui en est imprégné. Le phénomène du « racial stacking », qui attribue aux joueurs noirs des rôles moins stratégiques, demeure préoccupant. Cela a été illustré lorsque Bastian Schweinsteiger a qualifié le « football africain » de « un peu sauvage, pas tout à fait aussi tactique ».
Ces propos inacceptables ne se limitent pas au football. Le jeune rugbyman Luka Keletaona a récemment rapporté avoir entendu des insultes racistes comme « casse-toi avec ta tête de Chinois » provenant d’un adversaire, comme le note Le Parisien. Les terrains de sport ne sont pas immunisés ; ils reflètent des maux sociaux plus vastes. Il est grand temps que notre société se dresse contre cette injustice.







