Suite au décès de l'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, survenu le 4 juin, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé la création d'une "plateforme pour les artistes iraniens en exil". Cette initiative sera officiellement lancée à la fin du mois de juin.
Jean-Noël Barrot a exprimé lors de son intervention sur RTL : "[Marjane Satrapi] était une immense artiste qui a su donner la voix à un peuple iranien éprouvé par tant de défis." Au cours de ce grand jury, il a précisé qu'un hommage sera rendu à cette figure emblématique, décédée à Paris.
"À travers Marjane Satrapi, nous voulons rendre hommage à ces artistes courageux – cinéastes, écrivains – témoins d'une culture riche qu'il est essentiel de mettre en avant", a-t-il déclaré. La France accueille actuellement de nombreux artistes iraniens tels que la réalisatrice Sepideh Farsi, le photographe Hossein Rajabian, et l'écrivaine Sorour Kasmaï.
Réforme de l'ONU
Marjane Satrapi, qui avait reçu le soutien d'Emmanuel Macron en 2017, a acquis une renommée mondiale grâce à son œuvre Persepolis (2000). Cependant, elle est devenue critique à l'égard de la France pour son soutien jugé timide envers les mouvements de contestation en Iran. Le ministre des Affaires étrangères a réagi : "L'an dernier, nous avons imposé des sanctions sévères contre le régime iranien. Suite aux violences d'État sur les manifestants, nous avons également inscrit les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes", a-t-il expliqué.
Jean-Noël Barrot reconnaît que les critiques de Satrapi n'étaient pas sans fondement. Cependant, il souligne que ces critiques s'adressent à la communauté internationale dans son ensemble, s'interrogeant : "Pourquoi la communauté internationale ne parvient-elle pas à mettre fin aux violences en Iran ? Une explication réside dans l'usage abusif du droit de veto par certains membres du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par la Russie." Selon les analyses de plusieurs experts, ces enjeux géopolitiques ralentissent les actions décisives face aux violations des droits de l'homme.







