Avec des villas sur pilotis et des plages privées à prix réduits, les hôtels de Dubaï se tournent vers la population locale, alors que la crise géopolitique freine le tourisme.
Sur l'emblématique Palm Jumeirah, les hôtels cinq étoiles retrouvent un certain dynamisme. Les résidents des Émirats, qu'ils soient Émiratis ou expatriés, profitent de promotions exceptionnelles, faisant face à un taux d'occupation en baisse.
Fadi Iskandarani, médecin libanais à Dubaï depuis cinq ans, témoigne : "Je n'avais jamais eu l'occasion de séjourner sur la Palm à cause des prix exorbitants". Ce début d'accès à des tarifs bien plus abordables lui a permis de découvrir les complexes balnéaires de l'île.
Malgré un cadre pas totalement rempli, avec certains étages fermés, les offres pour résidents à des prix quatre fois inférieurs à la normale font "du luxe à Dubaï un plaisir accessible", s'enthousiasme-t-il.
- Une bulle d'air frais -
Prédisant 19,5 millions de touristes d'ici 2025, Dubaï s'était imposée comme une destination phare, avec un taux d'occupation de plus de 80%. Cependant, depuis le début des tensions au Moyen-Orient, l'afflux touristique a chuté, mettent en péril l'image de stabilité de l'émirat.
D'après Michael Robinson, directeur de l'hôtel Anantara The Palm, un certain retour des touristes a été noté, mais celui-ci reste modeste. Les réductions allant jusqu'à 50% attirent désormais de nombreux locaux, permettant de maintenir un taux d'occupation supérieur à 90% les weekends.
Cette nouvelle clientèle est une bouée de sauvetage, malgré les défis logistiques posés, notamment en matière de stationnement. Robinson souligne cependant une différence frappante : les clients locaux ne restent généralement qu'une ou deux nuits, contrairement aux touristes internationaux qui optent pour des séjours prolongés.
Jusqu'à présent, grâce à ces "staycations", l'Anantara The Palm parvient à rester rentable sans effectuer de licenciements.
- Un avenir incertain -
Mais combien de temps ce modèle pourra-t-il perdurer ? Robinson reste préoccupé par l'approche des vacances d'été qui pourraient influencer la demande. D'autres hôtels, comme le célèbre Burj Al Arab, profitent de cette période pour se rénover, tandis que certains ont dû réduire leur personnel ou salaires, touchés par la baisse du tourisme d'affaires.
Un salarié d'un hôtel en centre-ville, sous couvert d'anonymat, rapporte des réductions de salaire allant jusqu'à 40%. Un autre employé à Abou Dhabi a même été mis en congé sans solde avant de retourner au travail récemment.
Pour Robinson, l'espoir demeure. "Si un accord est atteint rapidement, je suis convaincu que les touristes reviendront plus vite que prévu", conclut-il avec optimisme.







