Ce lundi 1er juin, les eurodéputés et les États européens ont conclu un accord qui pourrait transformer la politique migratoire de l'Union européenne (UE) en ouvrant la voie à l'implantation de ce que l'on appelle des "hubs de retour" dans des pays partenaires. Ce mouvement suscite des inquiétudes de la part de nombreuses ONG qui craignent des violations des droits de l'homme, alors que le texte doit encore être ratifié par le Parlement européen et le Conseil.
Ce nouveau développement s'inscrit dans le cadre d'un mouvement plus large pour durcir les politiques migratoires en Europe, lié au pacte sur la migration et l'asile adopté en 2024. Le projet de loi comprend des mesures visant à faciliter le retour de migrants dans leur pays d'origine, notamment en mettant en place ces plateformes destinées à accueillir des personnes devant quitter l'UE, suite à des demandes d'asile rejetées.
Hubs de retour : une idée aux contours vagues
Les "hubs de retour" représentent une initiative promue par la Commission européenne pour garantir une politique de retours plus « efficace, ferme et humaine ». En mars 2025, la Commission a dévoilé une approche commune pour améliorer les retours, englobant l'idée de ces "hubs" extérieurs à l'Union.
Pour l’instant, les chiffres sont préoccupants : environ 400 000 migrants reçoivent chaque année un ordre de départ, mais seuls 20% d’entre eux quittent effectivement le territoire européen. Pour remédier à ce problème, Bruxelles envisage de légaliser l’envoi de personnes "ayant reçu une décision finale de retour" vers des pays tiers, sur la base d’accords spécifiques. Ces migrants seraient accueillis temporairement dans ces "hubs" jusqu'à leur retour effectif, selon les précisions fournies par l'Agence des droits fondamentaux de l'UE (FRA).
Les options pour les migrants dans ces hubs semblent multiples : certains pourraient rejoindre immédiatement leur pays d'origine, d'autres pourraient être réinstallés dans un pays tiers, tandis que certains pourraient même rester dans le pays où est situé le hub. Néanmoins, les conditions d'accueil et la durée du séjour dans ces centres demeurent encore floues.
"Pour l’instant, l’idée est formulée de manière assez générale. On ne sait pas exactement combien de temps ces personnes migrantes vont rester dans ces 'hubs de retour'."
Ravenna Sohst, analyste au Migration Policy Institute Europe à franceinfo.
Les discussions autour des hubs de retour continuent, marquées par une tension palpable entre les préoccupations humanitaires et les impératifs de contrôle des frontières. Reste à savoir comment l'UE répondra aux critiques et assurera le respect des droits fondamentaux de ces migrants.







