Hantavirus : avec calme à Ushuaïa, la traque des rongeurs se poursuit

À Ushuaïa, les scientifiques traquent les rongeurs, malgré l'indifférence ambiante.
Hantavirus : avec calme à Ushuaïa, la traque des rongeurs se poursuit
©JUAN MABROMATA, AFP - Une cage déposée pour piégéer des rongeurs dans diverses zones boisées autour de la ville touristique d'Ushuaïa, dont le Parc national de la Terre de Feu, le 18 mai 2026

Au cœur de l'indifférence des visiteurs et des habitants, et en dépit des inquiétudes mondiales récentes, une équipe de scientifiques argentins se concentre sur des rongeurs en Terre de Feu. Ils recherchent un potentiel vecteur du hantavirus autour d'Ushuaïa, d'où a appareillé le navire Hondius.

Armés de gants et de masques, des biologistes locaux ainsi que des experts de l'Institut Malbran de Buenos Aires ont installé, mardi, plusieurs dizaines de pièges dans des zones boisées autour de la ville. Parmi ces lieux, le Parc national de la Terre de Feu, à l'extrême sud de l'Argentine, figurait en bonne place.

Les chercheurs ont rapporté de leurs expéditions un nombre considérable de spécimens, environ 70 rongeurs, qu'ils ont placés dans des sacs pour analyse. Bien qu'ils soient restés discrets lors de leur mission, une source du milieu sanitaire a confirmé à l'AFP que le piégeage s'était avéré très fructueux.

Ces animaux sont principalement des rats à longue queue, nocturnes et résidant dans les forêts. Les scientifiques vont déployer jusqu'à 150 pièges durant un minimum de trois jours, afin de collecter des données représentatives pour des tests.

Des prélèvements sanguins et de tissus seront envoyés à l'Institut Malbran pour une analyse approfondie. Malgré les précautions, comme le port de gants, la population semble plus préoccupée par les températures fraîches de ce début d'hiver austral que par les risques sanitaires liés au hantavirus.

Confronté à une période touristique moins intense, entre la fin de la saison des croisières et le début des sports d'hiver, Ushuaïa continue d'accueillir des excursions en catamaran, offrant aux visiteurs des vues spectaculaires sur le canal de Beagle, qui sépare l'Argentine du Chili.

Maria Julia Tadeo, avocate de 43 ans en provenance de Buenos Aires, s’apprête à embarquer sur un catamaran avec ses filles. Elle confie à l’AFP : "Nous sommes au courant du cas lié au navire Hondius, mais cela ne nous a pas incités à annuler notre voyage".

Les autorités rassurent

Depuis l’émergence de l’affection liée au navire de croisière, les responsables locaux et scientifiques tentent de dissiper les craintes quant à l'origine possible de la contamination. Le premier cas, un Néerlandais, avait séjourné deux jours à Ushuaïa avant de monter à bord.

Ils insistent sur le fait que la province de la Terre de Feu n’a enregistré aucun cas d’hantavirus durant les 30 dernières années. Cependant, la souche virale ”Andes”, transmissible entre humains, a été observée dans des provinces plus au nord du pays, telles que Rio Negro et Chubut, comme l’indique le Journal du Tourisme.

Il est crucial que cette mission réussisse, car Ushuaïa attire chaque année près de 400 000 visiteurs, dont environ 50 % par le biais de croisières qui font près de 500 escales par an. Alejandra Contreras, serveuse dans un restaurant, assure qu’"il n’y a pas d’anxiété ici comme pendant la pandémie de Covid-19 ; les gens savent qu’il n’y a pas d’hantavirus à Ushuaïa".

Les résultats des analyses devraient être rendus disponibles d’ici quatre semaines, soulevant ainsi des interrogations sur l’endroit où le ‘‘patient zéro’’ a pu contracter le virus. Ce dernier a voyagé dans toute l’Argentine, avec des visites au Chili et en Uruguay durant quatre mois.

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