Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, a été libérée sous caution le 10 mai et transférée à Téhéran pour recevoir des soins médicaux nécessaires. Âgée de 54 ans, la militante iranienne avait été hospitalisée après avoir subi deux crises cardiaques en prison à Zandjan, suscitant de vives inquiétudes concernant sa santé.
Selon sa fondation, Mohammadi a « bénéficié d'une suspension de peine contre une caution conséquente », bien que le montant exact de cette caution n'ait pas été précisé. Son transfert vers Téhéran a été effectué en ambulance, afin qu'elle puisse être soignée par son équipe médicale. Les inquiétudes étaient vives parmi ses proches, qui avaient averti des risques vitaux encourus tant qu'elle restait derrière les barreaux. Son époux, Taghi Rahmani, a souligné que « la vie de Narges ne tient qu'à un fil ».
Rahmani a également exprimé que, même si Mohammadi était actuellement hospitalisée, « un transfert temporaire ne saurait suffire », précisant qu'il fallait veiller à ce qu'elle ne revienne jamais dans les conditions de détention qui ont gravement affecté sa santé. Sa fondation a martelé qu'elle nécessitait des soins médicaux spécialisés et qu'un retour en prison était inacceptable.
Un état de santé alarmant
Son avocat, Mostafa Nili, a confirmé qu'elle avait été transférée à Téhéran pour des raisons médicales pertinentes. Narges Mohammadi a passé une partie significative des deux dernières décennies dans des conditions d'incarcération, en raison de son activisme contre le régime iranien.
Arrêtée pour la dernière fois en décembre après avoir critique le gouvernement lors des obsèques d'un avocat, elle souffrait déjà d'une maladie cardiaque. Ses proches rapportent qu'elle a subi des crises cardiaques qui auraient eu lieu le 24 mars et le 1er mai. Après sa dernière crise, elle a été d'urgence hospitalisée et a subi une surveillance médicale stricte.
Les nouvelles concernant sa santé sont préoccupantes : elle a perdu 20 kg durant son incarcération, éprouve des difficultés à s'exprimer, et est décrite comme « méconnaissable » par son avocate, Maitre Chirinne Ardakani. Les jumeaux de Mohammadi, Ali et Kiana, qui résident à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son honneur pendant son incarcération.







