Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela depuis la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine en janvier, a annoncé qu’elle se rendrait à La Haye, aux Pays-Bas, pour son premier voyage hors des Caraïbes. Ce déplacement, prévu pour défendre les intérêts du Venezuela face à la Cour internationale de justice (CIJ), se concentre sur le différend territorial concernant l’Essequibo, une région convoitée par le Venezuela et administrée par le Guyana depuis plus de cent ans.
Dans ses déclarations, Rodriguez a assuré : "Je vais partir dans les prochaines heures pour défendre notre patrie." Ce voyage est particulièrement significatif alors que la CIJ offre une protection juridique spécifique aux personnes qui s’y rendent. Ce déplacement pourrait marquer un nouveau chapitre dans les relations tendues entre le Venezuela et le Guyana, exacerbées dernièrement par les revendications de Caracas sur ce territoire riche en ressources.
Un contentieux territorial persistant
L’Essequibo, s'étendant sur 160 000 km², est au cœur des tensions entre le Venezuela et le Guyana, qui se heurtent sur le traçage de leur frontière. Depuis 2019, le gouvernement de Maduro a ravivé ces revendications, allant jusqu’à organiser un référendum en 2023 sur l'établissement d'un nouvel État au sein du Venezuela. Le président du Guyana a averti que le renversement de Maduro par les États-Unis ne diminuerait en rien les préoccupations de Georgetown concernant la menace vénézuélienne.
Georgetown soutient que le tracé de sa frontière a été entériné en 1899 par un tribunal d'arbitrage à Paris et souhaite obtenir une confirmation de ce statut par la CIJ. En revanche, le Venezuela fait référence à un accord de 1966 signé avec les Britanniques à Genève, revendiquant que le règlement devrait se faire sans la CIJ, en basant sa frontière naturelle sur le fleuve Essequibo, comme cela était le cas à l’époque de la colonisation espagnole.
Rodriguez, lors de ses précédents voyages officiels, a souvent porté une broche symbolique représentant l’Essequibo, ce qui a suscité la colère des autorités guyanaises. Ce premier voyage à l’étranger est donc non seulement une démarche diplomatique mais aussi un acte symbolique fort dans le contexte de la rivalité entre les deux nations.







