Donald Trump a décidé de prolonger indéfiniment la trêve en cours avec l'Iran, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. Ce dernier n’a pas encore réagi à cette annonce, qui intervient deux semaines après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril.
Dans son annonce faite mercredi soir, heure de Washington, Trump a justifié sa décision par la demande de médiateurs pakistanais, ajoutant que ce prolongement durerait jusqu'à ce que "l'Iran fasse une proposition" pour mettre fin aux hostilités. Il a observé, dans un message sur Truth Social, des divisions importantes au sein de l'appareil gouvernemental iranien.
Moins de 48 heures auparavant, Trump avait jugé "hautement improbable" cette prolongation du cessez-le-feu. Malgré tout, il a confirmé que le blocus sur les ports iraniens allait se poursuivre. À 03H00 GMT mercredi, aucun incident majeur n'était à signaler dans la région.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a exprimé son soutien à cette extension de la trêve et a appelé les deux parties à parvenir à un "accord de paix" lors des prochains pourparlers prévus à Islamabad, afin de mettre un terme définitif au conflit.
Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a salué cette décision en la qualifiant d'"avancée importante pour la désescalade", comme le rapporte un communiqué de son bureau.
Quant à JD Vance, le vice-président américain, initialement prévu pour se rendre à Islamabad pour ces négociations, il a finalement décidé de rester aux États-Unis ce mardi. L'Iran, cependant, a refusé d'envoyer une délégation tant que le blocus américain de ses ports n'est pas levé.
Avant cette annonce, Téhéran avait menacé de reprendre ses attaques sur les pays du Golfe, ce qui pourrait compromettre l'approvisionnement pétrolier mondial. "Si leur territoire est utilisé pour attaquer l'Iran, ils diront adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient", ont averti les Gardiens de la Révolution.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié le blocus américain de "précipitation vers un acte de guerre", précisant qu'il viole le cessez-le-feu. D'autre part, Scott Bessent, le ministre américain des Finances, a estimé que les sites de stockage en Iran seraient amarrés dans les jours à venir, menaçant ainsi l'industrie pétrolière iranienne.
Suite à ces événements, les cours du pétrole ont enregistré une légère baisse, alors qu'ils avaient déjà bondi suite au déclenchement du conflit entre Israël et les États-Unis le 28 février, qui a mis en péril le passage vital par le détroit d'Ormuz.
Trump a également exprimé le souhait que Téhéran "libère" plusieurs femmes menacées d'exécution avant le début des négociations, un pas qu'il considère comme un signe de bonne foi. Cependant, l'AFP n'a pas pu valider ces menaces.
À Téhéran, la vie semble reprendre lentement son cours, avec des témoignages de citoyens se réjouissant de la trêve, à l’image de Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans. "Je vais dans les cafés, je me sens plus apaisée", a-t-elle confié.
Dans le même temps, d’autres, comme Saghar, 39 ans, appellent à la prudence : "La situation économique est catastrophique, et les arrestations continuent de s'intensifier.".
En parallèle, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban sont prévues jeudi à Washington. Un cessez-le-feu de 10 jours est déjà en vigueur entre Israël et le Hezbollah, bien que les deux belligérants s'accusent mutuellement de violations.







