Propos recueillis par Aude Lorriaux
L'essentiel
- 4.800 individus ont été écartés des métiers liés à la protection de l'enfance grâce à un nouveau système de vérification des antécédents criminels.
- Les hommes sont particulièrement représentés parmi les exclus, surtout dans le domaine de la protection de l'enfance, selon Sarah El Haïry, interviewée par 20 Minutes.
- La haute commissaire envisage d'élargir ce système aux activités périscolaires et à d'autres formes d'accueil collectif.
Le nouvel certificat d’honorabilité : de quoi s’agit-il?
Dans le cadre des normes mises en place, tous les professionnels et bénévoles travaillant avec de jeunes enfants sont tenus de solliciter un certificat d’honorabilité via le site honorabilite.social.gouv.fr. Cela fait suite à une vérification qui a concerné plus de 895.600 demandes depuis le début d’octobre. L’obtention de ce certificat est aussi obligatoire pour les structures accompagnant des enfants en situation de handicap.
Qui sont les personnes écartées?
Sur les 4.800 personnes ayant reçu un refus, 4.643 étaient exclues à cause d'une condamnation inscrite sur leur casier. Les hommes constituent la majorité des cas, représentant 94 % des refus sur la base des antécédents judiciaires relatifs aux infractions sexuelles. Un fait significatif, étant donné que seulement 23 % des demandes proviennent d’hommes.
Et pour les animateurs périscolaires ?
Les animateurs périscolaires ne sont pas encore soumis à l’obligation d’attestation, mais des contrôles existent sous d'autres formes. Sarah El Haïry milite pour que cette attestation soit généralisée afin d'assurer un même niveau de protection pour tous.
Des propositions pour aller plus loin.
Sarah El Haïry a exprimé le souhait d'aller au-delà des vérifications actuelles, évoquant la nécessité d'inclure des personnes qui ont fait l'objet de plaintes, même classées sans suite. Elle se réfère aussi à l'idée d'un fichier administratif, un projet discuté au niveau national.
Une négligence des enfants face aux autres contrôles.
Il est regrettable que ceux qui s'occupent des enfants ne soient pas soumis aux mêmes enquêtes administratives que d'autres corps de métier, comme ceux manipulant des fonds. La sécurité des enfants devrait être notre priorité absolue.







