Donald Trump continue de mener sa bataille culturelle depuis la Maison Blanche, avec un slogan audacieux : l'Amérique doit embrasser sa grandeur. Dans cette optique, il n'hésite pas à réécrire des pans entiers de l'histoire américaine, valorisant uniquement la gloire et la beauté du passé.
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La perception que Trump a d'historiens américains, notamment de George Washington, semble biaisée. En janvier dernier, une exposition traitant du passé esclavagiste de Washington a été abruptement supprimée à Philadelphie, à la demande de la Maison Blanche. "Des caméras ont immortalisé le retrait de cette exposition", a rapporté FOX 29 Philadelphia le 24 janvier 2026. "C'est une volonté de Trump de faire disparaître ce qui, selon lui, divise les Américains", a également noté 6abc Philadelphia le 17 septembre 2025.
Mais qui était réellement George Washington, et pourquoi son histoire semble-t-elle être révisée par l'administration Trump ? Commentant son héritage, il est toujours reconnu comme l'un des architectes de la démocratie moderne. Héros de la guerre d'indépendance, Washington est également devenu le premier président des États-Unis en 1789. Sa statue trône dans divers lieux, y compris à Paris, témoignant de son influence.
Un propriétaire d'esclaves
Un aspect souvent négligé de sa biographie est celui de propriétaire d'esclaves. "Sans l'esclavage, George Washington n'aurait sans doute pas connu la même fortune. Si nous l’examinions sous un angle ordinaire, il ne serait pas devenu militaire d élite ni président. Il l'admettrait", analyse Woody Holton, historien à l'Université de Caroline du Sud.
Pourtant, Trump s'efforce de modifier ce récit. En 2025, il a signé un décret pour "restaurer la vérité et la raison dans l'histoire américaine". En janvier, le retrait d'une installation commémorant les esclaves ayant servi Washington a été annulé par la justice. Néanmoins, le récit sur le site du monument a changé, suggérant que Washington ait exercé l'esclavage de manière bienveillante, comme en témoigne une mention selon laquelle "les esclaves à la Maison Blanche disposaient d'une plus grande liberté d'action que dans d'autres plantations du Sud".
Une part d'ombre
Cependant, Washington a adopté une attitude ambiguë envers l'esclavage. Il a non seulement conservé ce système, mais a également promulgué le Fugitive Act pour traquer les esclaves en fuite. Cette complexité ne doit pas être simplifiée, soulignent de nombreux historiens. "Ce qu'ils cherchent à faire, c'est de créer un récit sans fondement historique, où seuls quelques individus seraient valorisés, et leurs contributions seraient réduites à du simple héroïsme. Cela insinue également que certaines communautés ne sont pas véritablement américaines, et qu'elles n'ont pas participé à l'histoire du pays", déclare Chandra Manning, professeure d'Histoire américaine à l'Université de Georgetown.
Ainsi, si George Washington incarne un symbole positif pour les États-Unis, le souvenir de son passé esclavagiste mérite d'être préservé et examiné, au lieu d'être altéré, comme le souhaite Trump. Ce manque de reconnaissance des erreurs du passé est une dangerous simplification de l'histoire nationale.







