Nathalie Baye, une actrice tant prisée que redoutée, ancienne compagne de Johnny Hallyday et mère de l'actrice Laura Smet, est décédée des suites d'une maladie neurodégénérative.
La star à la carrière discrète, ayant réalisé des performances remarquables avec François Truffaut, Jean-Luc Godard, Xavier Dolan et d'autres, est décédée « vendredi soir à son domicile parisien à cause de la maladie à corps de Lewy », a annoncé sa famille samedi 18 avril, y compris sa fille Laura Smet. Cette maladie neurodégénérative engendre des symptômes similaires à ceux des maladies d'Alzheimer et de Parkinson.
« Du travail de Truffaut à Godard, Nathalie a incarné l'essence même de l'actrice française : la vie, l'amitié. Comédienne adorée, elle jouait avec passion », a témoigné Gilles Jacob, ancien président du festival de Cannes, auprès de l'AFP. « Nathalie, tu emportes avec toi nos rires et nos doux souvenirs », a partagé Richard Berry sur Instagram.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a exprimé sa tristesse face à cette perte, qualifiant Nathalie de « immense actrice ». « Elle laisse un vide immense pour tous les amoureux du cinéma et nous offre un héritage précieux », a-t-elle précisé. « Nous avons tant aimé Nathalie Baye. Une comédienne avec qui nous avons partagé rêves et souvenirs », a également commenté Emmanuel Macron sur X.
Un amour marquant pour Johnny, le père de sa fille
Audacieuse, Nathalie Baye a réussi à se libérer de son image classique pour offrir une filmographie impressionnante, avec des rôles dans des films tels que Notre histoire de Bertrand Blier, La Fleur du mal de Claude Chabrol et Vénus Beauté de Tonie Marshall. Son talent a même traversé l'Atlantique dans le film de Steven Spielberg Arrête-moi si tu peux, où elle a joué la mère de Leonardo DiCaprio.
Née le 6 juillet 1948 à Mainneville (Eure), Nathalie, fille d'artistes bohèmes, a grandi à Paris avant de se diriger vers le théâtre. Elle a ensuite captivé François Truffaut, qui lui offrit son premier grand rôle dans La Nuit Américaine en 1973. Sa renommée a explosé en 1980 grâce à Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard, touchant tant les cinéphiles que le grand public.
Elle fut récompensée à plusieurs reprises aux César, remportant même le prix trois fois d'affilée entre 1981 et 1983, puis à nouveau en 2006 pour Le petit lieutenant. « Les actrices sont souvent réticentes à parler de dates, mais sachez que cela fait maintenant 23 ans que j'ai reçu mon dernier César », avait-elle humorisé sur scène.
Elle a également reçu la Coupe Volpi à la Mostra de Venise pour Une liaison pornographique en 1999.
Dans sa vie personnelle, elle a partagé trois ans sa vie avec Johnny Hallyday, père de sa fille unique, Laura Smet. « Un homme que j'ai aimé profondément et que j'apprécie toujours, même différemment », a-t-elle déclaré en 2016, regrettant l'exposition constante de sa vie sentimentale dans les médias.
Son parcours a aussi été marqué par des relations avec Philippe Léotard, Pierre Lescure, et Jean-Louis Borloo. Au fil des années, ses apparitions sont devenues plus rares, et la tristesse a pris le pas sur son public.
À l’annonce de son décès, Sandrine Kiberlain a évoqué sa voix singulière, un son qui a habité son adolescence. Le producteur Dominique Besnehard a rappelé sur RTL que « les femmes l’admiraient et les hommes la respectaient ».
« Nathalie Baye, tu étais une actrice à la spontanéité éclatante… Ton sourire et le rythme unique de ton jeu offraient une fraîcheur inégalée. Pour moi, ton éclat de sincérité était le plus beau des inédits. J'ai été l'un de tes fidèles admirateurs, toujours convaincu de la profondeur humaine de tes personnages. Reconnaissance éternelle », a écrit Isabelle Adjani sur Instagram.
« Quelle tristesse d'apprendre la perte de Nathalie Baye. J'ai eu le privilège de travailler avec elle, et son talent était exceptionnel. Elle manquera terriblement », a commenté Christian Clavier sur X, où il a évoqué leur collaboration dans Le prix à payer.
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