La tradition équestre fait son grand retour dans les rues de Dublin, attirant les regards des touristes et des jeunes des quartiers populaires. Cependant, derrière cette image séduisante se cache une réalité souvent problématique pour les animaux.
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Dans la capitale irlandaise, le son des sabots résonne entre voitures et bus, revivant des scènes dignes d'un western. Les rodéos urbains sont devenus des attractions, surtout pour la jeunesse qui privilégie cette pratique au détriment des motos. "C'est infiniment plus palpitant qu'une moto, l'adrénaline est incomparable. En plus, cela demande une attention constante", raconte un passionné de cet univers.
Un rendez-vous de passionnés s’organise chaque semaine sur une place emblématique, où des propriétaires exhibent avec fierté leurs chevaux. "Ce matin, j'ai été surprise de voir autant de chevaux en ville, c'est complètement surréaliste !", s'émerveille une touriste. "C'est quelque chose qu'on ne voit pas à Paris, donc c'est vraiment exceptionnel", complète une autre visiteuse.
"C'est ma thérapie, mon échappatoire"
Pour certains, comme Jordan Ryan, posséder un cheval est un héritage familial. Malgré un environnement souvent défavorisé, il met un point d’honneur à s’occuper de ses juments. "Regardez-la, elle est en pleine forme. Je passe des heures à m'en occuper après ma journée de travail, c'est un investissement que je fais par amour", précise-t-il.
La gestion de chevaux en milieu urbain pose toutefois des défis particuliers. Certaines cour arrière d'immeubles ont été aménagées en écuries. Darragh Quigley, 20 ans, avoue que sa jument est sa bouée de sauvetage : "Sans ces chevaux, je pourrais facilement sombrer dans la délinquance. Ils me sortent de ma routine, c'est mon échappatoire".
Des animaux parfois maltraités
Toutefois, cette tradition n'est pas sans polémique. Des vidéos de rodéos nocturnes mettent en lumière des comportements irresponsables, où des chevaux s'égarent en pleine circulation, causant des accidents. Ciara Malone, responsable d'une association dédiée à la protection des animaux, constate ces dérives : "Nous avons assisté à des incidents tragiques où des chevaux ont été blessés à cause d'un manque de précaution", s'inquiète-t-elle.
Dans son refuge rural, elle s'occupe de 400 chevaux, dont beaucoup proviennent de Dublin après avoir été maltraités. Parmi eux, River, un animal très touché par une maladie cutanée liée à une toxicité alimentaire, a été secouru dans un état de détresse. "Il a été affamé au point de consommer des plantes toxiques. Chaque jour, nous devons soigner sa peau délicate", explique-t-elle, soulignant les enjeux de santé animale dans cette dynamique. Les préoccupations pour le bien-être de ces chevaux soulèvent des interrogations sur la pérennité et la pertinence de cette tradition en milieu urbain.







