Deux procédures sont toujours en cours, initiées par les époux Duverger, à l’encontre de la maire de Moulismes. Ces derniers contestent leur expulsion en mars 2025 du snack qu’ils géraient depuis près de 30 ans sur l’aire de repos sur la N147. Un des épisodes d’un long contentieux.
La tension entre les époux Duverger et la maire de Moulismes, Nathalie Tabuteau, ne cesse de croître. Deux procédures judiciaires sont en cours, s’enracine dans un conflit qui a débuté en mai 2022, lié à une gestion des déchets. Les Duverger géraient le snack de l'aire de repos de la RN 147 depuis plus de 25 ans. Le climat s'est tendu lorsque la municipalité a décidé de retirer les conteneurs à déchets, arguant d'une nouvelle redevance incitative, laissant ainsi les restaurateurs dans une situation précaire et contraints de s'occuper eux-mêmes des déchets.
Des incidents regrettables, notamment une agression subie par Karine Duverger de la part d'un client mécontent, ont exacerbé le conflit, entraînant des condamnations pour insultes. Cette situation, initialement une simple discorde entre commerçants et élus, s'est transformée en un véritable feuilleton judiciaire.
En octobre 2024, un nouveau chapitre s'écrit avec le conseil municipal qui a voté un changement juridique concernant la parcelle où se situe le snack, le classant comme domaine public, ce qui rend le bail commercial caduc. Pourtant, un bail existait, renouvelé par la commune, laissant place à un flou juridique, explique Me Philippe Lachaume, avocat des Duverger, qui a saisi le tribunal administratif. Les résultats de cette affaire ne sont pas attendus avant fin 2026 ou début 2027.
« Je pense qu’ils vont engager les recours judiciaires très prochainement »
Simultanément, les Duverger ont déposé leur candidature pour continuer à gérer le snack, mais n’ont pas été retenus. En mars 2025, ils se verront contraints de quitter les lieux. Loin de se laisser faire, ils ont mandaté Me Laurent Taurel, qui a mis en demeure la maire pour obtenir une compensation relative à la rupture du bail, ainsi que des demandes pour des pertes financières et des soucis liés à leur déménagement.
« À la justice de trancher »
Le 12 mars, Me Taurel a indiqué que le délai accordé à la maire pour répondre était désormais écoulé, et il n’y avait eu aucune réaction de sa part. Selon lui, les Duverger semblent déterminés à aller plus loin dans leur quête de justice. Nathalie Tabuteau, quant à elle, préfère s'en remettre à son avocat, précisant que la question est toujours en cours de traitement légal. « C’est à la justice de trancher », a-t-elle affirmé.
Les époux Duverger, eux, restent fermes dans leur position : « À terme, nous souhaitons récupérer notre restaurant. C’est l’affaire de notre vie », a déclaré Karine Duverger.
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