Mis en place il y a vingt ans, le système d'alerte enlèvement en France a démontré son efficacité en retrouvant 38 enfants grâce à une mobilisation rapide et un encadrement rigoureux. Ce dispositif, inspiré du système américain Amber Alert, a été adopté en février 2006 après plusieurs débats sur son utilité et son potentiel impact sur les enquêtes.
En effet, le ministère de la Justice indique que dans plus de la moitié des cas, l'auteur des enlèvements est un parent de la victime. Cela souligne la complexité des situations que doivent gérer les forces de l'ordre. Le procureur de la République a la responsabilité de déclencher l'alerte, qui est établie sur des critères stricts : l’âge de la victime, la véracité de l’enlèvement, le risque pour sa vie et des éléments d’identification disponibles. Un avis est ensuite diffusé toutes les 15 minutes, pendant au moins trois heures, par divers partenaires, dont les médias et la SNCF.
Parmi les experts, le procureur Laurent Dumaine reste positif sur ce dispositif, ayant lui-même orchestré la retrouvailles de deux frères enlevés par leur père grâce à la pression que l'alerte a exercée sur le suspect. "La mise en place des messages a été décisive dans cette affaire", explique-t-il, soulignant l'importance d'agir rapidement dans de telles situations.
Un dispositif à usage exceptionnel
La directrice des affaires criminelles, Laureline Peyrefitte, rappelle que la rareté des déclenchements est cruciale pour maintenir l'efficacité de l'alerte. Une alerte trop fréquente risque en effet de réduire l’attention du public, rendant les enjeux de chaque situation moins percutants.
Le dernier cas en date, le 20 février 2026, concernait l’enlèvement de trois enfants par leurs parents en Seine-Saint-Denis. L’alerte a permis de retrouver un nourrisson de six semaines dans un hôpital après plusieurs heures de recherche. Cela soulève des questions sur la gestion des alertes dans un contexte où la sécurité des enfants prime sur toute forme bureaucratique.
En conclusion, en 20 ans, 37 alertes ont été déclarées, dont 16 ont joué un rôle déterminant dans la retrouvaille d'enfants. Ces chiffres témoignent de l'impact réel du dispositif d'alerte enlèvement sur la sécurité des enfants en France et reflètent l'engagement continu des autorités pour la protection des plus vulnérables.







