Nicolas Grimaud, un homme de 38 ans originaire de Chambéry, vit un véritable drame depuis le 2 novembre. En voulant aider une femme qu'il a rencontrée dans la rue, il lui a ouvert son domicile. Mais cette bonne action lui a coûté cher : en retour, il s'est retrouvé enfermé hors de chez lui, sa 'convive' ayant changé les serrures.
C'est le récit d'une générosité qui se transforme en une violente débâcle sociale. Nicolas n'a eu qu'un bon sens tranquille lorsqu'il a décidé d'héberger cette personne dans le besoin, pensant qu'elle serait reconnaissante. Tout a basculé le jour où il a découvert qu'il ne pouvait plus entrer chez lui. "J'ai voulu aider quelqu'un et elle en a profité", explique-t-il à Le Dauphiné Libéré.
Depuis lors, la situation de Nicolas est devenue insupportable. Sa locataire, aux prétentions de liens familiaux avec des autorités judiciaires, refuse de quitter les lieux, laissant Nicolas contraint de vivre dans sa voiture tout en continuant à payer son loyer de 600 euros chaque mois.
Une administration qui se renvoie la balle
Pour aggraver les choses, Nicolas souffre de bipolarité – un trouble qui requiert un certain niveau de stabilité, totalement compromis par cette situation. Son avocate, Me Margot Crestani, critique la passivité des autorités : "C'est une succession d'inerties insupportables. Tout le monde se renvoie la balle". La plainte qu'il a déposée a été classée sans suite, la préfecture reste muette, et le bailleur social, Cristal Habitat, évoque un conflit qui ne relève pas de ses compétences.
Curieusement, des lois existent pour protéger des cas comme le sien. L'article 38 de la loi Dalo, récemment renforcé par la loi "anti-squat" de 2023, donne théoriquement à la préfecture les moyens d'expulser les squatteurs dans les 72 heures. Cependant, pour Nicolas, aucune de ces procédures n'a été efficace. Il se retrouve sans papiers, sans affaires et sans alternatives à court terme.
Qu’est-ce que l’article 38 de la loi DALO ?
L'article 38 de la loi Dalo (Droit au logement opposable) permet d'accélérer l'expulsion des occupants illicites. Voici comment cela fonctionne :
La demande : Le propriétaire ou locataire victime de squat saisi le préfet pour demander l'expulsion.
Le constat : Un officier de police judiciaire doit vérifier l'occupation illicite.
Le délai : Le préfet a 48 heures pour répondre, et si la demande est acceptée, les squatteurs ont 24 heures pour partir avant que la police ne fasse intervenir la force publique.
La complexité : La difficulté réside dans la distinction entre un squatteur par effraction et une personne initialement hébergée.







