Un geste de générosité tourne au cauchemar pour un homme à Chambéry

Un homme se retrouve à la rue après avoir hébergé une femme en difficulté.
Un geste de générosité tourne au cauchemar pour un homme à Chambéry
La situation a basculé le jour où Nicolas a trouvé porte close, la clé restée à l’intérieur. Pixabay Illustration

Nicolas Grimaud, un homme de 38 ans originaire de Chambéry, vit un véritable drame depuis le 2 novembre. En voulant aider une femme qu'il a rencontrée dans la rue, il lui a ouvert son domicile. Mais cette bonne action lui a coûté cher : en retour, il s'est retrouvé enfermé hors de chez lui, sa 'convive' ayant changé les serrures.

C'est le récit d'une générosité qui se transforme en une violente débâcle sociale. Nicolas n'a eu qu'un bon sens tranquille lorsqu'il a décidé d'héberger cette personne dans le besoin, pensant qu'elle serait reconnaissante. Tout a basculé le jour où il a découvert qu'il ne pouvait plus entrer chez lui. "J'ai voulu aider quelqu'un et elle en a profité", explique-t-il à Le Dauphiné Libéré.

Depuis lors, la situation de Nicolas est devenue insupportable. Sa locataire, aux prétentions de liens familiaux avec des autorités judiciaires, refuse de quitter les lieux, laissant Nicolas contraint de vivre dans sa voiture tout en continuant à payer son loyer de 600 euros chaque mois.

Une administration qui se renvoie la balle

Pour aggraver les choses, Nicolas souffre de bipolarité – un trouble qui requiert un certain niveau de stabilité, totalement compromis par cette situation. Son avocate, Me Margot Crestani, critique la passivité des autorités : "C'est une succession d'inerties insupportables. Tout le monde se renvoie la balle". La plainte qu'il a déposée a été classée sans suite, la préfecture reste muette, et le bailleur social, Cristal Habitat, évoque un conflit qui ne relève pas de ses compétences.

Curieusement, des lois existent pour protéger des cas comme le sien. L'article 38 de la loi Dalo, récemment renforcé par la loi "anti-squat" de 2023, donne théoriquement à la préfecture les moyens d'expulser les squatteurs dans les 72 heures. Cependant, pour Nicolas, aucune de ces procédures n'a été efficace. Il se retrouve sans papiers, sans affaires et sans alternatives à court terme.

Qu’est-ce que l’article 38 de la loi DALO ?

L'article 38 de la loi Dalo (Droit au logement opposable) permet d'accélérer l'expulsion des occupants illicites. Voici comment cela fonctionne :

La demande : Le propriétaire ou locataire victime de squat saisi le préfet pour demander l'expulsion.
Le constat : Un officier de police judiciaire doit vérifier l'occupation illicite.
Le délai : Le préfet a 48 heures pour répondre, et si la demande est acceptée, les squatteurs ont 24 heures pour partir avant que la police ne fasse intervenir la force publique.
La complexité : La difficulté réside dans la distinction entre un squatteur par effraction et une personne initialement hébergée.

Lire aussi

Isabelle Adjani face à la justice : le dénouement d'une affaire de fraude fiscale
Isabelle Adjani, condamnée pour fraude fiscale, est réjugée aujourd'hui en appel à Paris. Découvrez les détails de cette affaire qui agite le monde du cinéma.
06h15
Retour sur l'arrestation de trois gangsters à Bordeaux : l'affaire Besse
En 1970, Franck Besse et ses complices sont appréhendés à Bordeaux. Retour sur leurs agissements.
01h13
Un drame à Lilas : une femme retrouvée morte et son compagnon en garde à vue
Un tragique féminicide aux Lilas : corps d'une femme découvert, compagnon placé en détention. Enquête en cours.
25 févr.
Châteauroux : le procès de la mère de Matisse Marchais débute dans un contexte tendu
Le procès de la mère du meurtrier Matisse Marchais se tiendra à Châteauroux le 27 février 2026. Découvrez les enjeux de cette affaire médiatique et les préoccupations autour de la sécurité.
25 févr.
Un taxi fait chavirer un abribus à Paris, plusieurs blessés dont un dans un état critique
Un taxi a percuté un abribus à Paris, blessant trois personnes, dont une grièvement. Selon la conductrice, le véhicule aurait démarré brutalement.
25 févr.
Cergy : le préfet traque les manquements de sécurité au Havana Lounge
Le Havana Lounge de Cergy est épinglé pour de graves manquements aux normes de sécurité incendie, une fermeture administrative s'annonce. Détails sur cet incident préoccupant.
25 févr.