Le procès en appel de quatre accusés, dont Abdelhakim Sefrioui, s'est ouvert lundi dernier à Paris, relançant un débat intense après l'assassinat du professeur Samuel Paty en octobre 2020. La stratégie de défense de l'avocat de Sefrioui, Me Francis Vuillemin, a choqué les parties civiles notamment par ses déclarations provocatrices.
Lors d'une interview sur BFMTV, Me Vuillemin a affirmé : "Je ne regrette aucun de mes propos. Je les réitérerai bien sûr en cours d'audience." Ce nouvel avocat a pris la suite d'une première ligne de défense qui avait déjà fait polémique, cherchant à discréditer le rôle de Samuel Paty dans l'affaire en insinuant que ses comportements étaient discriminatoires.
"On me reproche de dire que Samuel Paty a incité les élèves musulmans à sortir de la classe s'ils étaient choqués par les caricatures de Mahomet. C'est une vérité qui doit être exposée," a-t-il déclaré lors de l'audience.
Cette défense repose également sur un mensonge rapporté par une élève, qui avait accusé le professeur d’islamophobie, mais qui ne s'est finalement pas présentée le jour du cours. D'autres témoignages, issus d'anciens élèves, contestant certaines affirmations de cette élève, ont mis en lumière des comportements neutres de Paty vis-à-vis de ses étudiants. Des informations relayées par d'autres médias rapportent que le professeur demandait simplement aux élèves de baisser les yeux si le sujet les dérangeait.
Les déclarations de Me Vuillemin, soulignant que le procès pourrait interrogationner la responsabilité du professeur, ont suscité une vive réaction de la part des proches de Samuel Paty. Sa sœur, Gaëlle, n'a pas manqué de dénoncer cet argument : "C'est une accusation insupportable. Mon frère était une personne tolérante."
De nombreux analystes universitaires et militants des droits de l'homme trouvent ces arguments dangereux, considérant qu'ils pourraient mener à une distorsion de la réalité entourant cette tragique affaire. Il est notoire que plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une tendance à jeter la responsabilité de l'assassinat sur la victime, un discours qui soulève de sérieuses questions éthiques et juridiques.







