La mort d’El Hacen Diarra, survenue dans un commissariat du 20e arrondissement de Paris, suscite une vive indignation et de nombreuses interrogations. Décédé dans la nuit du mercredi au jeudi, ce jeune Mauritanien avait été interpellé par la police avant d'entrer en garde à vue, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris pour violences volontaires ayant entraîné la mort. Les proches d'El Hacen Diarra parlent de violences policières et appellent à la justice.
El Hacen Diarra, qui résidait depuis plusieurs années dans un foyer de travailleurs migrants, était décrit par ses voisins comme un homme calme, souriant et artiste. Sa mort a engendré des manifestations, rassemblant près d'un millier de personnes en hommage à son mémoire.
Les circonstances de son arrestation sont floues. Selon le rapport des autorités, il aurait été interpellé pour avoir été vu en train de fumer du cannabis. Cependant, d'autres témoins affirment qu'il était simplement assis en train de prendre un café lorsque les policiers l'ont approché.
Des vidéos de son interpellation circulant sur les réseaux sociaux montrent des policiers en action, et il aurait été entendu criant : « Vous m’étranglez ! ». Les vidéos de surveillance à l'intérieur du commissariat ont montré El Hacen fatigué, avant qu'il ne semble s'effondrer. Selon certaines sources, il aurait commencé à uriner et aurait été laissé sans intervention immédiate.
Les résultats préliminaires de l'autopsie ont révélé des blessures notables, dont une fracture au cartilage de la thyroïde et une plaie à la tempe, caractéristiques d'un étranglement, comme l’a indiqué l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou. Cependant, le parquet a souligné que ces constatations ne déterminent pas la cause exacte de la mort, appelant à des examens supplémentaires pour redéfinir les circonstances de cet événement tragique.
Face à cette situation, un appel à témoignage a été lancé par le parquet pour recueillir toute information susceptible d’éclaircir l’affaire. La présence d’une seule vidéo amateur et l’absence de preuves vidéo officielles, en raison de caméras de policiers déchargées, soulèvent des préoccupations quant à un éventuel manque de transparence dans le traitement de ce dossier.
La famille d’El Hacen Diarra a exprimé une profonde frustration devant le délai de l'enquête, insistant pour qu'une action immédiate soit prise contre les policiers susceptibles d'être impliqués dans sa mort. Une réaction qui fait écho aux critiques largement exprimées dans le pays concernant la conduite des forces de l'ordre vis-à-vis des personnes issues de l'immigration.
Ce drame tragique est devenu un énième exemple des tensions entre la police et certaines communautés à travers la France, et soulève des questions importantes sur la brutalité policière. Comme l'indique un article du Monde, de nombreux experts estiment qu'il est crucial d'examiner de plus près les pratiques policières afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l'avenir.







