Dans un contexte déjà tendu autour du procès en appel de Marine Le Pen, des révélations viennent jeter une ombre sur les relations diplomatiques. Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), a récemment révélé qu'elle avait été approchée le 28 mai 2025 par deux conseillers du département d'État américain, Samuel Samson et Christopher Anderson. Leur approche, selon Lafourcade, visait à « accréditer une théorie » qui pourrait avoir servi de support à une manipulation du débat public français, notamment en ce qui concerne le traitement judiciaire de la dirigeante du Rassemblement national.
Ce développement a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle ingérence étrangère, un sujet sensible en France où le respect de l'indépendance judiciaire est de mise. Les deux diplomates semblent convaincus que le procès de Le Pen est un « acte politique » destiné à l’éliminer de la compétition présidentielle, une opinion que partage une partie de l'électorat et certains analystes politiques, comme le politologue Jean-Yves Camus, qui déclare : "Les américains semblent vouloir faire pression sur notre système judiciaire, une dynamique problématique pour notre démocratie."
Magali Lafourcade a exprimé son malaise face à cette conversation. Elle a même alerté le Quai d'Orsay, qui a pris ces informations au sérieux. L'intervention des États-Unis dans des affaires judiciaires françaises n'est pas une première. Par le passé, des représentants américains, y compris l’ancien président Donald Trump, ont exprimé des critiques publiques sur des décisions judiciaires touchant des figures politiques, y compris Marine Le Pen, qu'il a qualifiée de victime d'une « chasse aux sorcières ». Ces déclarations soulignent la complexité des relations internationales lorsque des enjeux internes se mêlent à des considérations extérieures.
Certaines voix à Washington, comme celle de l'ancien conseiller de Trump, Steve Bannon, ont ouvertement soutenu Le Pen, allant jusqu'à souhaiter son succès aux élections pour, selon lui, "défier l'Union européenne". Cette dynamique a pour effet de polariser davantage les discussions autour de l'extrême droite en France et en Europe. Jean-Claude Recoing, un expert en relations internationales, affirme : "Cette situation pourrait avoir des implications à long terme pour la perception des relations franco-américaines et la souveraineté judiciaire de la France."
Alors que le procès de Marine Le Pen se poursuit, les ramifications de cette affaire pourraient influencer l'opinion publique et la dynamique politique en France, plaçant la question de l'ingérence étrangère au cœur des débats politiques intensifiés.







