Le 12 janvier, un tribunal correctionnel de Paris a condamné un agent de police à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour ses tirs avec un lanceur de balles de défense (LBD) lors d'une manifestation contre la réforme des retraites en janvier 2020. Le jugement souligne que les comportements du policier ont été jugés «ni nécessaires, ni proportionnés» face à la situation.
Les faits s'étaient déroulés le 9 janvier 2020, lors d'une manifestation à Paris. Des échauffourées avaient éclaté autour de la gare Saint-Lazare. Les vidéos de l'incident montrent un manifestant, identifié comme Moukran S., s'effondrer après avoir reçu un tir de LBD, alors que l'agent se tenait à seulement deux mètres de lui, ce qui contredit les dispositions réglementaires stipulant que les tirs doivent être réalisés entre 10 et 50 mètres.
Ce n'est pas tout, car le même policier a ensuite tiré sur un autre manifestant, Peter B., positionné à «8 à 10 mètres» d'un nuage de gaz lacrymogène. «T'en veux encore?», aurait-il lancé à son encontre, selon les témoignages collectés. Les experts s'interrogent sur l'usage de la force face à des manifestants. Pour le sociologue Benjamin L., les décisions des forces de l'ordre sont souvent influencées par la pression exercée par la situation en cours.
Le représentant du parquet avait dans un premier temps jugé ces tirs «légitimes», mais pas «proportionnés», écartant ainsi toute notion de légitime défense. Cela reflète une tendance plus large au sein des forces de l'ordre, où l'utilisation des LBD a souvent été controversée par les organisations de droits de l'homme. Le défenseur des droits, Claire V., a exprimé son inquiétude face à l'autonomie laissée aux policiers dans de telles situations.
Dans son jugement, le tribunal a rappelé l'importance du contexte, précisant qu'il s'agissait d'«énième journée de mobilisation nationale». Les avocats des plaignants se sont dits satisfaits de la reconnaissance de culpabilité, tout en regrettant l'absence d'une interdiction de port d'arme pour le policier, ce qui lui permettrait de continuer à servir. «Cet événement soulève des questions sur la responsabilité des forces de l'ordre», a conclu l'avocat Arié Alimi auprès de l'AFP.







