La cour d'appel de Lyon a de nouveau validé la peine infligée à Rabah Souchi, ancien commissaire de police, pour son rôle dans la blessure grave de Geneviève Legay, survenue lors d'une manifestation des gilets jaunes à Nice en 2019. Ce lundi, Souchi a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis, un jugement similaire à celui rendu en première instance. Geneviève Legay, aujourd'hui âgée de 80 ans, avait été projetée au sol par les forces de police, subissant de graves blessures, y compris des fractures au crâne, et perdant l'odorat, une partie du goût ainsi que 35 % de son audition à l'oreille droite après deux mois d'hospitalisation.
L'intervention du commissaire a été décrite par l'avocate générale comme "inadaptée" et "illégale", générant un débat intense sur les méthodes employées par les forces de l'ordre lors des manifestations. Des groupes, tels qu'Attac, ont exprimé leur indignation face à l'absence de conséquences significatives pour Souchi, soulignant que "les citoyens vont en prison pour un oui ou pour un non, lui n’a que six mois avec sursis, sans inscription au casier judiciaire, c’est lamentable".
De surcroît, la défense du commissaire a tenté de justifier ses actions en affirmant qu'il n'avait fait que transmettre des ordres légaux visant à disperser la foule. Toutefois, ce raisonnement a été rapidement contesté par de nombreux experts et manifestants présents ce jour-là.
Lors de l'audience en appel, Rabah Souchi a manifesté de la "compassion" pour Geneviève Legay mais a insisté sur le fait qu'il ne pouvait pas être tenu responsable des actes des policiers ayant exécuté l'ordre. Par ailleurs, la cour a décidé de ne pas inscrire sa condamnation au casier judiciaire, lui permettant ainsi de conserver son poste actuel au sein de la police municipale de Nice.
Suite au jugement, des manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice de Nice, affichant leur soutien à Legay et leur désapprobation face à la décision judiciaire. Alors que la ville de Nice n'a pas répondu aux accusations de partialité, le président Emmanuel Macron a également été interpellé par des commentateurs sur la nécessité d'une réforme des pratiques policières en France, en remettant en question la violence systématique illustrée par ce cas.
Le 23 mars 2019, alors que Geneviève Legay manifestait contre la violence policière, les images de l'incident avaient fait le tour des réseaux, suscitant une onde de choc dans l'opinion publique. Cette affaire est emblématique des tensions entre les forces de l'ordre et les citoyens en France, et les réactions continuent d'affluer alors que les débats sur les violences policières se poursuivent.







