Les scandales de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris témoignent d'une nécessité urgente de changer de stratégie. Ce jeudi, l'Unicef a insisté sur le besoin d'une culture de protection ancrée dans les droits des enfants.
Adeline Hazan, présidente de l'ONG, a dénoncé les manquements structurels et le manque de coordination entre les services concernés. "Un système défaillant ne réagit qu'après les faits, sans se concentrer sur la prévention," a-t-elle affirmé. Cela est préoccupant, surtout dans un contexte où 78 agents de la Ville de Paris ont été suspendus depuis début 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, selon le maire Emmanuel Grégoire, un signe d'une crise systémique.
les droits élémentaires des enfants ne sont pas respectés
La culture de la banalisation des violences est insupportable, a souligné Adeline Hazan. En 2025, les forces de l'ordre ont enregistré 290.200 victimes mineures, marquant une hausse alarmante de 77% depuis 2016.
L'Unicef indique que ces violences touchent environ deux millions d'enfants en France. "Les droits fondamentaux des enfants sont négligés," a-t-elle ajouté, et a proposé de clarifier les procédures de signalement, de créer une autorité administrative indépendante pour contrôler les établissements d'accueil, d'améliorer l'accompagnement des parents et de former les professionnels en contact avec les enfants.
"Quand on donne la possibilité aux enfants de parler, ils le font, mais encore faut-il qu'on les écoute et qu'on les accompagne," a précisé Jodie Soret, responsable du plaidoyer et des programmes à l'Unicef France.
perte de confiance dans les adultes
Une enquête préliminaire réalisée par l'ONG révèle qu'un tiers des enfants victimes de violences ne se sentent pas en confiance avec les adultes pour se confier, illustrant ainsi la banalisation des abus. Julie Zerlauth, responsable du service innovations de l'Unicef, indique que cette perte de confiance est souvent due à l'absence de réponse adéquate de la part des adultes, soulignant la nécessité de lutter contre le "culte de l'obéissance" qui peut encourager l'impunité.
"Les abus et violations des droits des enfants ne sont pas une fatalité. La protection de l'enfance doit devenir une priorité politique et une culture partagée," a conclu Adeline Hazan, réaffirmant la nécessité d'une action immédiate.







