Souleiman Mogouchkov, frère de Mohammed Mogouchkov, accusé de l'assassinat de Dominique Bernard à Arras (Pas-de-Calais) en octobre 2023, a été placé en centre de rétention administrative (CRA). Bien que lui aussi soit mis en examen pour complicité d'assassinat terroriste, il fait face à une obligation de quitter le territoire français alors que le procès n'a pas encore eu lieu.
Ce tournant soulève de nombreuses questions. Selon Le Parisien, Souleiman avait quitté la prison d'Osny (Val-d'Oise) le 16 avril dernier suite à une décision de la justice, et devait être soumis à un contrôle judiciaire strict, incluant le port d'un bracelet électronique. Il participait également à un programme de suivi à raison de 11 à 20 heures par semaine.
Une situation paradoxale qui interroge
Puis, peu après sa libération, il a été arrêté une nouvelle fois et placé en CRA, ce qui a suscité des réactions vives de ses avocats, Ambroise Vienet-Legué et Margaux van der Have. Dans une déclaration relayée par RTL, ils ont qualifié cette situation de « complètement paradoxale », soulignant que leur client, qui avait été maintenu en détention pour éviter une fuite, était finalement placé en CRA alors qu'il venait juste de retrouver la liberté.
La défense affirme que son maintien en CRA entrave le dispositif de suivi, spécialement conçu pour lui. « Il serait inacceptable qu’il ne puisse plus être présent en France pour défendre ses droits pendant la conclusion de l’instruction », ont-ils ajouté. Ils soulignent que juger Souleiman en son absence manquerait de sens et de justice.
Le 13 octobre 2023, l'événement tragique s'est déroulé lorsque Mohammed Mogouchkov, radicalisé, s'est attaqué à son ancien professeur Dominique Bernard, et a blessé également d'autres membres du personnel. Actuellement, seul Mohammed se trouve incarcéré dans cette affaire, qui pose des interrogations profondes sur les mécanismes judiciaires et les droits des accusés en France.







