Les professionnels du secteur notent un léger regain d'intérêt pour les destinations françaises et européennes, considérées comme des refuges sûrs. Néanmoins, le climat international incite à l'attentisme pour les vacances d'été à venir.
Alors, vos prochaines vacances seront-elles à Dubaï ou sur la côte basque ? Bien que la réponse semble évidente, ceux qui avaient initialement planifié des séjours au Moyen-Orient, en proie à des conflits armés, envisagent-ils de rester sur le territoire français ? Selon un sondage réalisé par Ifop pour l’Alliance France Tourisme au mois de mars, trois Français sur quatre estiment que la guerre au Moyen-Orient constituait un frein à leurs voyages. Les populations aisées et urbaines ressentent cette inquiétude de manière plus marquée, avec 90% et 78% respectivement, malgré le fait que 59% des sondés maintiennent leurs projets de voyage.
« Après l'incertitude des premiers jours, l'attentisme s'est installé », observe Dominique Marcel, président d'un groupe de réflexion incluant de grandes entreprises du tourisme français comme Accor et Disneyland Paris.
Les ports d'entrée et les compagnies aériennes reliant la France au Moyen-Orient souffrent de cette situation, impactant principalement les voyages d'affaires. Toutefois, les professionnels s'inquiètent davantage de l'impact indirect de la hausse des prix des carburants, qui pourrait réduire le pouvoir d'achat des consommateurs et augmenter les coûts des billets d'avion.
« L'objectif est d'attirer les vacanciers qui avaient l'habitude de se rendre dans ces régions vers nos propres destinations, jugées plus sûres. C'est une occasion unique pour relancer l'économie touristique française », souligne Marcel.
Maxime Maillet, directeur hôtellerie du groupe Annie Famose, exprime son optimisme quant à la tendance croissante des réservations pour la côte basque, où son groupe gère des établissements prestigieux comme Le Talaia Hôtel & Spa. « Ce contexte international joue en notre faveur : les réservations affluent, ce qui est très rassurant pour la saison estivale », déclare-t-il.
Les réservations ont bien progressé cette année, souligne David Sandier, directeur commercial chez Pierre & Vacances. Cependant, il observe une dynamique contrastée : « Les clients qui séjournent dans d'autres pays européens, où les vols sont nécessaires, sont davantage enclins à opter pour des vacances en Europe, tandis que nos résidences françaises ressentent un attentisme », ajoute-t-il.
Après la pandémie de Covid-19, les Français semblent se retrouver dans une situation similaire, balayant de nouveau l'idée de vacances à l'étranger. Stéphane le Bihan, directeur général de VVF Villages, qui opère dans 64 départements, note une légère baisse de 8% de son chiffre d'affaires, mais une hausse de 10% de la fréquentation de son site web. « Les décisions demeurent influencées par le climat géopolitique et économique actuel, mais les destinations restent variées, notamment en Europe », explique-t-il.
Owen Lagadec-Iriarte, directeur de Poplidays, constate une croissance limitée des réservations d'été en France, mais une forte demande pour l'Espagne, avec une augmentation de 30% des réservations, en particulier parmi la clientèle étrangère. « Ce contexte pourrait suggérer un arbitrage géographique à l'échelle européenne », dit-il.
Côté location de voiture, les prix des carburants pourraient influencer les choix de transport des vacanciers. Pierre Feisthauer, responsable chez Carigami, souligne que les réservations ont tendance à s'intensifier à partir de fin avril. « Les vacanciers commencent à planifier leurs vacances d'été à compter de mai », conclut-il.
En vidéo - Air Mauritius et Air Seychelles augmentent leurs liaisons directes avec la France.







