Avec l'adoption du budget de l'État pour 2026, le dispositif MaPrimeRénov' sera réactivé, mais il semble déjà limité à quelques foyers. Ces derniers, de plus en plus nombreux, se trouvent dans l'obligation de chercher d'autres moyens pour financer leurs projets de rénovation énergétique. Selon les dernières informations, le budget alloué pour cette aide est estimé à 3,6 milliards d'euros, permettant de soutenir environ 120 000 dossiers en 2026, une hausse par rapport aux 100 000 précédents, malgré un contexte instable (BFM Business).
Actuellement, 83 000 demandes déposées en 2025 sont encore en attente de traitement. Il est à noter que l'accès à MaPrimeRénov' sera restreint, priorité étant donnée aux rénovations globales et aux foyers aux revenus modestes. De fait, de nombreux ménages plus aisés risquent d'être laissés pour compte.
Mobiliser les CEE et l'éco-PTZ
En attendant, d'autres solutions émergent du secteur privé. Les ménages peuvent notamment se tourner vers les Certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif soutenu par les entreprises polluantes qui ne dépendent pas des contraintes législatives. Les primes CEE sont destinées à aider les propriétaires ou locataires de logements anciens à financer des travaux de rénovation, telles que l'installation d'une pompe à chaleur. "Les CEE sont particulièrement attractifs pour les foyers modestes, notamment pour des opérations comme l'isolation des combles", explique Audrey Zermati, directrice stratégie chez Effy.
L'entreprise continue d'enregistrer des demandes malgré les récents blocages de MaPrimeRénov'. "Nous avons ainsi traité entre 80 000 et 100 000 dossiers par an, démontrant l'intérêt persistant des particuliers pour ces aides", souligne Zermati.
Financer des travaux contre une quote-part de la propriété
D'autres sociétés innovent en proposant des modèles de financement alternatifs. Par exemple, la société bordelaise Vasco permet aux ménages de réaliser des travaux en échange d'une part de leur propriété. Cela signifie que pour un projet de 30 000 euros sur un bien évalué à 300 000 euros, l'entreprise pourrait obtenir 15% du bien, équivalant à une valorisation augmentée après les travaux.
Les ménages qui ont recours à ce type de financement se composent souvent de personnes aux revenus modestes, cherchant à éviter la vente de leur patrimoine. Hervé Degreve, cofondateur de Vasco, indique que 80% des clients accompagnés ont des revenus inférieurs aux seuils définis par l'Anah. Pour eux, ces solutions représentent une bouée de secours.
Avec près de 3,9 millions de logements considérés comme passoires énergétiques en France, le marché des rénovations reste vital. "Le besoin d'accompagnement et de solutions financières est en forte demande, surtout pour les ménages qui ne peuvent accéder à des financements traditionnels", conclut le SDES.







