Le tribunal de commerce de Nantes a prononcé la liquidation judiciaire de Capricci, un producteur de films emblématique, et du magazine Sofilm. Ce développement abrupt compromet également l'avenir du festival Sofilm Summercamp, un événement cinématographique cher à la ville.
Les difficultés économiques, associées à des allégations de fraude et à des plaintes pour des faits graves, ont conduit à cette fin tragique pour les frères Lounas, fondateurs de Capricci en 1999, qui avaient misé sur une production cinématographique de qualité hors de Paris. Malgré un léger chiffre d’affaires de 556 000 € en 2023, la société n'a pas pu résister aux tumultes d’une année marquée par le report de nombreux longs-métrages, comme le souligne Farid Lounas.
Les suspicions concernant la gestion financière de leur dernier film, Vincent doit mourir, ont également été soulevées par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui a noté des abus potentiels. Ces alertes ont conduit le parquet de Nantes à ouvrir une enquête. Selon une source proche de l'affaire, la Région des Pays de la Loire a retiré son soutien financier, soit 100 000 €, à Capricci, aggravant la situation déjà précaire de l'entreprise.
En parallèle, des accusations graves touchent Thierry Lounas, cofondateur de Capricci, visé par une plainte pour des actes de violences sexuelles impliquant de nombreuses victimes. Cela a soulevé des inquiétudes non seulement sur l'entreprise, mais aussi sur le festival Sofilm Summercamp, qui pourrait se retrouver sans financements de la part de la Ville de Nantes, qui avait auparavant contribué avec 40 000 € et 45 000 € de la part de la Métropole. Les élus, comme Aymeric Seassau, confirment que ces subventions ne seront plus accordées.
Le festival, lancé en 2015, se tenait chaque été sur l'île de Nantes. Avec l'annulation de l'appui municipal, de nombreux observateurs s'interrogent sur la capacité de l'événement à survivre : Il serait douloureux de voir disparaître un festival qui a mis en lumière le cinéma indépendant
, exprime un cinéphile local. Le sort du Sofilm Summercamp reste à déterminer dans un climat peu rassurant pour l'avenir du cinéma régional.







