La situation électrique à Cuba est alarmante. Mardi soir, à peine 11,5 % des foyers de La Havane avaient retrouvé l'électricité après une nouvelle coupure généralisée dans un pays déjà éprouvé par des pénuries chroniques de carburants, exacerbées par un embargo pétrolier américain. Selon les déclarations de l'État cubain, la crise actuelle est plus qu'une simple défaillance technique, la qualifiant presque de "guerre" contre les restrictions imposées par Washington.
La Havane, qui compte environ 1,7 million d'habitants, n'a pas connu d'électricité pendant plusieurs heures après qu'une centrale thermique a été indûment mise hors service, provoquant un déséquilibre notable entre la consommation et la production électrique. Cette coupure, décrite par l'Union électrique de Cuba (UNE), s'inscrit dans un contexte de coupures répétées, dont trois en seulement dix jours.
Malgré des efforts pour moderniser le réseau, Cuba souffre d'infrastructures vieillissantes. Selon l'expert en énergie, Luis M. Gonzalez, "les centrales thermiques cubaines sont en mauvais état et sont souvent sujettes à des pannes. Sans un approvisionnement régulier en carburant, la situation ne peut qu'empirer". La frustration s'intensifie parmi la population, notamment dans les quartiers les plus touchés, où les habitants expriment leur mécontentement en allumant des feux de poubelle ou en frappant sur des casseroles.
Les autorités reconnaissent l'impact du blocus américain sur les services publics. Vicente de la O Levy, ministre cubain de l’Énergie et des Mines, a déclaré lors d’une récente conférence : "Cette situation est principalement due à l'état de notre système électrique, aggravé par les décisions des Etats-Unis. Il y a une absence totale de carburant nécessaire pour faire fonctionner nos générateurs de secours".
Il est à noter que depuis le début de l'année, seule une cargaison de pétrole est parvenue à l'île, un tanker russe livré sous des conditions rigoureuses imposées par les États-Unis. La détérioration des relations entre Cuba et Washington, notamment en réponse à la capture d'un proche allié du gouvernement cubain, n'a fait qu'aggraver la situation.
Les coupures d'électricité de plus de 30 heures, de plus en plus fréquentes, forcent les Cubains à réinventer leur quotidien. Maria Caridad Alvarez, une femme de 62 ans, a partagé son trouble avec l'AFP, déclarant : "Il n’y a pas de solution visible à ce problème. Tout ce que je veux, c'est préparer un repas chaud pour ma famille". Les espoirs d’une amélioration rapide se dissipent alors que le pays continue à faire face à des défis structurels majeurs sur fond de tensions internationales.







