Face à une intensification des frappes russes, notamment à travers des tirs de missiles balistiques, l'Ukraine se prépare à répondre avec le projet Freyja. Ce plan s'inscrit dans une réponse collective avec le soutien de nations européennes, comme la France, pour créer un système d'interception innovant et économique.
Récemment, lors d'une offensive mouvementée, l'armée ukrainienne a échoué à intercepter un seul missile balistique en une nuit, renforçant l'urgence de la situation. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exprimé à BFMTV son attente quant à l'appui de Paris : "Nous espérons toujours une nouvelle batterie antimissile, le SAMP/T NG, qui devrait vraiment nous protéger des menaces balistiques", a-t-il déclaré.
Considérant le système américain Patriot comme étant trop coûteux et difficilement renouvelable, l'Ukraine aspire à développer rapidement une alternative appelé Freyja. "Nous voulons une défense anti-balistique sur le territoire européen", a précisé Zelensky. Ce projet implique une collaboration avec plusieurs pays, incluant la Suède, le Danemark, l'Italie et la Norvège, pour partager les technologies nécessaires à la mise au point de missiles intercepteurs.
La Directrice générale de Fire Point, Iryna Terekh, a précisé lors d'une récente entrevue à BFMTV que son entreprise a été à l'origine de Freyja, en présentant le missile FP-7.x comme une réponse aux systèmes existants, tout en soulignant la nécessité d'une production massive. "Notre but est de répondre à la menace russe, chaque nuit, avec suffisamment d'intercepteurs disponibles", a-t-elle ajouté.
Elle a alerté sur la dépendance actuelle de l'Europe envers les technologies américaines, soulignant les "failles" qui en découlent : "Il est devenu impératif de maîtriser notre propre production, car la fiabilité des équipements achetés ne devrait pas être mise en question sous une menace constante".
"En cas de confrontation, les stocks de missiles Patriot pourraient s'épuiser rapidement. La capacité de production actuelle est d'environ 650 unités par an, ce qui est insuffisant face à la demande".
Dans le portail de l'avenir, l'initiative Freyja espère rapprocher des géants industriels européens comme Leonardo et MBDA aux côtés d'experts en technologies militaires locales. Cette approche synergiques vise à créer une chaîne de fabrication partagée dans plusieurs pays européens, unissant les capacités technologiques et l'expertise en matière de défense.
Terekh a également noté que le projet ne vise pas seulement à concurrencer le Patriot, mais à offrir un système d'interception efficace à un coût nettement inférieur. "Notre objectif est de rendre chaque intercepteur moins cher qu'un million de dollars, ce qui est un défi ambitieux, mais réalisable grâce à l'innovation technologique et l'expérience sur le terrain".
Malgré les défis posés, le projet Freyja pourrait fournir des capacités critiques pour l'Ukraine dans un contexte de conflits prolongés. Lançant un appel à la solidarité en matière de défense européenne, Zelensky espère voir se concrétiser cette ambition collective avant que la menace ne s'intensifie davantage.







