Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a récemment reconnu des lacunes notables dans le système de contrôle aérien en France lors d'un discours au congrès de la Fédération nationale de l’aviation et ses métiers (FNAM) à Paris. « Le contrôle aérien doit impérativement se moderniser et améliorer ses performances », a déclaré le ministre, soulignant que ces changements sont cruciaux pour l’efficacité du secteur aérien.
À en croire un rapport de la commission des Finances du Sénat, la France est classée parmi les moins performantes en Europe en matière de gestion du trafic aérien. En effet, ce rapport révèle que les retards cumulés des vols ont atteint « 6,6 millions de minutes en 2025 », causant ainsi une perte considérable de 800 millions d’euros pour les compagnies aériennes et des désagréments majeurs pour les voyageurs.
Une architecture technique « obsolète »
Les sénateurs pointent également du doigt la gestion des effectifs de contrôleurs aériens, jugée trop rigide et peu adaptable aux fluctuations de trafic. Philippe Tabarot a mentionné avoir initié une réforme approfondie, impliquant davantage de recrutements et une flexibilité accrue pour répondre aux périodes de forte affluence. « Ce n'est pas une mince affaire », a-t-il admis.
Malgré ces défis, le ministre se dit optimiste : « Sur les cinq premiers mois de l’année, les retards ont chuté de 35% par rapport à l’année précédente, un signe d’amélioration alors que le trafic continue de croître ». En fait, la France a récemment battu son record mensuel de trafic aérien contrôlé, traditionnellement observé durant les mois d'été.
La France, un pays « moins desservi »
Pascal de Izaguirre, président de la FNAM, a exprimé des préoccupations encore plus vives. Il a dénoncé la fiscalité lourde et l’inefficacité du système, notant que la France devient un pays davantage survolé qu'il ne l'est desservi. « Le nombre de vols arrivant et partant de France a diminué de 2% entre 2019 et 2025, contraste troublant avec une augmentation de 15% des survols », a-t-il précisé, ajoutant que des actions immédiates sont indispensables pour inverser cette tendance.
Alors que la situation actuelle est préoccupante, des améliorations notables apparaissent sur le long terme, et les experts s’accordent à dire que l’avenir du contrôle aérien en France dépendra de la mise en œuvre efficace des réformes proposées.







