Lors d'une annonce faite le 1er juillet, Philippe Tabarot, ministre des Transports, a reconnu que le contrôle aérien français ne répondait pas aux attentes, face à un rapport parlementaire soulignant les lacunes dans ce secteur crucial. "Le ciel français est un carrefour aérien européen, il est donc impératif que nous nous modernisions et que nous améliorions notre performance pour assurer le bon fonctionnement de l'ensemble du réseau aérien", a-t-il indiqué lors de son intervention à la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (FNAM) à Paris.
Les résultats d'un rapport commandé par la commission des Finances du Sénat révèlent des prévisions alarmantes : un total de 6,6 millions de minutes de retards de vols en 2025, occasionnant une perte estimée à 800 millions d'euros pour les compagnies aériennes et de nombreux désagréments pour les passagers. Le rapport souligne une "allocation trop rigide" du personnel des contrôleurs aériens et une "obsolescence de l'architecture technique". Ces défis sont exacerbés par des grèves récurrentes, qualifiées de "récréatives" par certaines entreprises, comme l’a déclaré Ryanair après avoir observé des retards cumulés sur des milliers de vols.
En France, environ 1.750 contrôleurs sont chargés de superviser non seulement les atterrissages et décollages, mais aussi le passage d'un nombre considérable d'appareils dans le ciel français, un point stratégique mentionné par des experts de l'industrie. Le pays comptabilise environ 3 millions de mouvements aériens par an, selon les données de 2019.
Une réforme en profondeur en cours
Philippe Tabarot a également mentionné qu'une véritable réforme était en cours, avec des efforts en matière de recrutement et d’organisation pour(adapter le contrôle aérien aux variations du trafic. Cela inclut également une mise à jour informatique cruciale, grâce à l’introduction du logiciel 4-Flight, développé par Thales, après un investissement estimé à un milliard d’euros. Cette mise à jour vise une durée de vie opérationnelle d’au moins 30 ans.
"La situation s’améliore", a souligné le ministre, en citant une baisse de 35% des retards dans les cinq premiers mois de l'année, par rapport à l'an précédent, même si le trafic continue de croître. En juin 2026, il a été signalé que la France avait établi un nouveau record mensuel de trafic aérien contrôlé, une performance traditionnellement atteinte durant les mois d'été.
Pascal de Izaguirre, président de la FNAM, a toutefois été critique, affirmant que le pays devait améliorer sa fiscalité et le contrôle aérien, car la France est de plus en plus un pays survolé mais moins desservi. "Entre 2019 et 2025, le nombre de vols à destination et en provenance de France a chuté de 2%, tandis que les survols ont augmenté de 15%", a-t-il déclaré, posant la question de l’efficience des services aériens français.







