EDF se retrouve devant le tribunal, le Comité social et économique central (CSEC) ayant décidé d'engager des poursuites pour contester le "refus" de l'entreprise de partager les informations sur les rémunérations de ses dirigeants. L'affaire sera examinée le 2 juillet au tribunal judiciaire de Paris.
Dans un communiqué, le CSEC a fait savoir que "bien qu'EDF accepte de fournir des détails sur les salaires des autres employés, l'entreprise refuse de transmettre ces éléments à notre expert concernant ses cadres dirigeants." Cette situation, selon le CSEC, "crée une opacité à sens unique incompatible avec les exigences d'une entreprise publique ainsi qu'avec le principe de transparence attendue dans le secteur".
Il est important de noter que cette requête n'implique pas le PDG d'EDF, Bernard Fontana, dont la rémunération est établie par la loi et approuvée par le conseil d'administration. En revanche, la demande concerne environ 537 cadres dirigeants au sein des 65 000 employés de l’entreprise.
Contactée par nos soins, la direction d'EDF n'a pas fourni de commentaires concernant cette affaire. Le CSEC souhaite que le tribunal reconnaisse son incapacité à donner un avis éclairé sur la politique sociale de l'entreprise sans ces informations cruciales.
Ainsi, le CSEC a demandé à EDF de fournir des précisions sur les rémunérations variables et complémentaires de ces dirigeants, en spécifiant également les dix plus hautes rémunérations de la société et leur évolution dans le temps. Selon Gwenaël Plagne, secrétaire du CSEC, "l'an dernier déjà, nous n'avions pas rendu d'avis sur la politique sociale et avions averti que ce serait la dernière alerte pour corriger la situation".
Plagne souligne que l’objectif n’est pas de divulguer ces rémunérations, mais de permettre leur analyse par un cabinet d'experts, afin de garantir une consultation sur la politique sociale de l’entreprise et d’évaluer l’équité salariale entre hommes et femmes au sein des cadres dirigeants. Cette requête intervient dans un contexte de tensions sociales de plus en plus marquées, notamment en raison des efforts d'EDF pour réduire ses dépenses et gérer son endettement.
La situation a été exacerbée par une gestion jugée autoritaire par plusieurs syndicats, avec un climat social détérioré qui a conduit à un échec des négociations salariales à la fin de 2025. Bien que cette question de transparence ne soit pas exclusivement liée aux tensions récentes, Plagne argue que l’entreprise a évité ce sujet depuis trop longtemps.
D’ailleurs, 38 sur les 47 instances représentatives du personnel ont exprimé un "avis négatif" lors d’une consultation sur le bilan social et la politique sociale de l’entreprise, dans un cadre obligatoire entre la direction et les représentants des employés. Le CSEC a refusé de donner son avis en l’absence de données suffisantes pour évaluer une politique sociale jugée incohérente par rapport aux défis actuels de l’organisation, notamment dans le contexte d’un recrutement jugé insuffisant pour soutenir la relance de l’énergie nucléaire et d’un plan d’économies qui impacte sévèrement les conditions de travail.







