Stéphane Bancel s'exprime avec préoccupation. Lors de son intervention sur Good Morning Business, il a insisté sur la nécessité pour l'Europe, et particulièrement la France, d'augmenter ses investissements dans la prévention médicale. Il a fait remarquer que la population européenne, vieillissante, représente un terreau fertile pour l'innovation scientifique, mais que l'industrie est en danger.
Il a déclaré : "Le problème réside dans le fait que les prix des médicaments sont bien trop bas." Cette inquiétude est partagée par de nombreux acteurs de l'industrie pharmaceutique, y compris des responsables américains comme Donald Trump, qui exerce une pression sur les États européens pour diminuer les coûts de soins aux États-Unis.
"Aujourd'hui, environ 60% des médicaments approuvés en Europe depuis 2020 sont disponibles en France, contre 90% en Allemagne et 70% en Italie," a-t-il ajouté.
Bancel a averti que si la situation actuelle persiste, les disparités dans l'accès aux traitements s'accentueront. En mars, le Leem, le principal lobby de l'industrie pharmaceutique, avait également évoqué une "pénurie silencieuse" des médicaments innovants, liée à une réglementation jugée trop stricte sur les prix.
La production d'ARN messager en danger en Europe
Le PDG de Moderna a aussi exprimé ses inquiétudes quant à la concurrence croissante de la Chine dans ce secteur. "D'ici 2025, un tiers des nouveaux médicaments licenciés par des grands laboratoires proviendront de Chine," a-t-il révélé.
"Les études cliniques y sont menées plus rapidement et à moindres coûts qu'en Europe ou aux États-Unis," a-t-il souligné.
Cette situation met en lumière la fragilité de l'industrie pharmaceutique en Europe, exacerbée par la fermeture de plusieurs sites de production, comme celle de BioNTech en Allemagne, prévue d'ici 2027. Cela soulève des questions cruciales sur l'avenir des traitements en Europe.
La santé de l'innovation pharmaceutique en Europe est en jeu, et les appels à une révision des politiques de prix se multiplient. En effet, Bancel a noté une chute drastique des revenus de Moderna, liée à une diminution de l'intérêt pour les traitements Covid-19, jetant ainsi une ombre sur l'avenir de l'ARN messager sur le vieux continent.
"Il n'y aura presque plus de production d'ARN messager en Europe," a-t-il regretté.







