Lors de son annonce, la Banque mondiale a rétrogradé ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, prévoyant une avancée de seulement 2,5 % contre 2,9 % en 2025. Ce changement est une réponse directe à la guerre au Moyen-Orient qui exacerbe déjà les tensions sur le marché énergétique. Si la situation venait à se dégrader davantage, la croissance pourrait même chuter à 1,3 %, comme l’ont déclaré des économistes au sein de l'institution.
Selon les dernières Perspectives économiques mondiales, la croissance en 2025, bien qu'elle ait été révisée à la hausse de 0,2 point, reste insuffisante pour compenser les pertes projetées pour 2026.
Un rapport récent indique que plus de deux tiers des pays subissent un ralentissement, lié en grande partie à la flambée des prix des matières premières, notamment du pétrole et du gaz, causée par le conflit en cours. Les Émirats arabes unis et l'Irak sont parmi les plus touchés, leur économie dépendant fortement des exportations d'énergie, selon des sources de Le Monde.
Des risques de détérioration économique persistants
Des prévisions de prix plus élevées pour le pétrole brut comprimeraient davantage les capacités de croissance. La Banque mondiale estime que si le prix moyen du baril de Brent devait atteindre 115 dollars, cela pourrait augmenter l’inflation mondiale à 4,4 %. En cas de choc énergétique sur les marchés financiers, la confiance du consommateur et des entreprises pourrait vite s’effondrer.
"Les scénarios de risque montrent combien les perspectives économiques peuvent rapidement se dégrader dans un environnement d'incertitude," a expliqué Ayhan Kose, économiste en chef adjoint à la Banque mondiale.
"Si le choc énergétique déclenchait un choc sur les marchés financiers, la confiance pourrait s'éroder rapidement," a-t-il ajouté.
Vers une reprise lente
Malgré ces déboires, une amélioration est attendue, avec une croissance projetée à 2,8 % en 2027 et 2028, encore en dessous des niveaux des années 2010.
Indermit Gill, économiste en chef à la Banque mondiale, a souligné : "L’économie mondiale est beaucoup moins résiliente aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a cinq ans, avec des incertitudes politiques croissantes et des pressions inflationnistes." La prévision de croissance pour les États-Unis reste stable à 2,2 % en 2026, tandis que la zone euro devrait plafonner à 0,8 %, selon les données de la BFMTV.
En diversifiant les régions, la Banque prévoit également un recul notable pour les économies du Moyen-Orient avec une baisse attendue du PIB de 4 % en 2026. En revanche, l'Inde continue de briller avec une prévision de croissance flatteuse de 6,6 % pour 2026.







