Chaque semaine, "Courrier international" met en lumière des choix éditoriaux significatifs. Dans le numéro daté du 4 juin, nous analysons les implications économiques du conflit au Moyen-Orient, exacerbées par la fermeture du détroit d'Ormuz. Si l'Asie et l'Afrique en souffrent particulièrement, la situation pourrait se détériorer davantage à mesure que les réserves s'amenuisent. Des initiatives variées émergent à travers le monde pour faire face à cette crise.

Les répercussions se font déjà sentir : des avions à l'arrêt, une flambée des prix alimentaires, un recours accru au télétravail, des hausses des tarifs des pistaches et une pénurie d'hélium essentielle à la fabrication de semi-conducteurs. Trois mois après le début de la guerre en Iran, dont la fin est régulièrement promise par Donald Trump, les conséquences de la fermeture du détroit d'Ormuz sont palpables à l’échelle mondiale, stipule le Financial Times.

Le journal économique révèle qu'environ 80 pays ont déjà mis en place des mesures d’urgence, tandis que les pays en développement se voient contraints de soutenir des subventions financières pour atténuer l'effet de la hausse des prix. Les prévisions sont inquiétantes, car de nombreuses nations peinent à maintenir cette aide face à un avenir incertain.

Comment s'adapter à cette crise énergétique ? Quels pays subissent les plus lourdes pertes et lesquels s'en sortent mieux ? Voilà les questions centrales de notre dossier de la semaine. Même si un accord de paix devait être signé demain, il faudrait longtemps pour retrouver une situation stable, et encore plus pour rétablir la confiance entre les nations. Comme le souligne Benjamin H. Bradlow dans Foreign Affairs, "la dépendance aux énergies fossiles influe sur la politique mondiale, et cette crise rappelle à quel point les pays peuvent être vulnérables face à des régimes étrangers qui contrôlent ces ressources".

Il appert que certains pays, dont la Chine, avaient anticipé cette situation. Avec des investissements massifs dans les énergies renouvelables, ils se retrouvent en position de force. Le Pakistan, par exemple, a vu la part de l’électricité solaire atteindre plus de 32 % en 2025, illustrant une des transitions énergétiques les plus rapides à ce jour.

Alors que les nations comme l'Espagne et le Brésil affichent une autonomie énergétique résiliente face aux défis actuels, d'autres telles que l'Afrique du Sud, qui s'appuie sur le détroit d’Ormuz pour ses importations énergétiques, doivent faire preuve de prudence.

Emmanuel Macron, conscient des défis à venir, a récemment proclamé une "mobilisation générale" pour l’électrification de la France, ciblant une réduction de la dépendance énergétique. Parallèlement, de nombreux pays africains se tournent vers le nucléaire civil à une époque où la pénurie énergétique devient critique. Une étude de l’Université Monash indique que 45 % des Australiens ont modifié leurs habitudes de transport depuis le début du conflit. Au Japon, la marque de chips Calbee a même dû changer son emballage pour économiser de l'encre, en raison de la pénurie de naphta, un dérivé essentiel du pétrole.

Et si la crise, plutôt que d'être un obstacle, devenait une opportunité pour réinventer nos économies et nos habitudes ? C’est la réflexion soulevée par Zoe Williams dans The Guardian. Alors que le coût du kérosène a doublé, elle considère que cette situation pourrait précipiter l'émergence d'une aviation plus durable et novatrice, un bouleversement véritable dans les années à venir.