Entre espoirs et incertitudes : le jugement de Bruxelles sur les déficits européens

Les grandes capitales européennes craignent le verdict de Bruxelles sur leurs déficits budgétaires.
Entre espoirs et incertitudes : le jugement de Bruxelles sur les déficits européens
©John MACDOUGALL, AFP - Le chancelier allemand Friedrich Merz à Berlin en Allemagne le 2 juin 2026

Ce mercredi, Bruxelles présentera ses analyses des performances budgétaires des nations européennes, alors que les gouvernements sont confrontés à la hausse préoccupante des dépenses militaires et aux répercussions résultant du conflit au Moyen-Orient. Parmi les recommandations les plus attendues, examinons la situation budgétaire des principaux pays.

- France : vers un nouveau record de déficit ?

Alors que l’activité économique a subi un coup d’arrêt au premier trimestre, alimentant les inquiétudes d’une récession, la France se bat pour maintenir son déficit à 5 % cette année. Toutefois, cette stratégie pourrait s’avérer compromise par la nécessité d’accorder des aides pour réduire l’impact des hausses de prix sur certains secteurs. Selon les projections de la Commission européenne, si les politiques actuelles sont maintenues, le déficit pourrait atteindre 5,7 % d’ici 2027, année des élections présidentielles. Si des mesures d’économies ne sont pas implémentées, le pays pourrait se retrouver avec le déficit le plus élevé de la zone euro en 2024, comme le rapporte Europe 1.

Le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu promet de respecter ses engagements européens, en visant à réduire le déficit public à moins de 3 % du PIB d’ici 2029.

- Allemagne : un ancien modèle en délicatesse ?

Le chancelier Friedrich Merz a assoupli les règles constitutionnelles concernant l’endettement pour soutenir un plan de relance économique. Ce tournant, associé à des investissements militaires massifs, pourrait propulser le déficit à 3,7 % cette année, puis à 4,1 % l’année suivante, d’après les prévisions de la Commission. Cependant, Berlin a échappé jusqu’ici à de sévères sanctions pour déficit excessif, en grande partie en raison de la possibilité d’exemptions concernant les dépenses militaires, comme l’a rappelé la Commission en novembre dernier.

- Italie : un retour en zone de conformité retardé

Près de 15 ans après la crise de la dette, le gouvernement de droite de Giorgia Meloni vise un retour à un déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2025. Cependant, un ralentissement économique en fin d’année dernière a mis en péril cet objectif. L’Italie a enregistré un déficit de 3,1 % l’année précédente et espère le ramener à 2,9 % cette année, selon les prévisions de Bruxelles. Malgré sa volonté de respecter les règles européennes, le gouvernement Meloni souhaite plus de flexibilité pour aider à financer des initiatives liées au conflit au Moyen-Orient. Néanmoins, Bruxelles a jusqu’à présent rejeté cette demande, arguant que les règles actuelles offrent déjà une marge de manœuvre suffisante.

- Bulgarie : une intégration difficile dans la zone euro

Récemment entrée dans la zone euro, la Bulgarie pourrait rapidement se voir placée sous l’évaluation d’un déficit excessif. Ce scénario ne devrait pas surprendre le nouveau Premier ministre Roumen Radev, qui a avoué hériter d’une situation budgétaire délicate. Bruxelles prévoit que le déficit bulgare, qui était de 3,5 % du PIB l’an dernier, pourrait atteindre 4,1 % cette année et 4,3 % en 2027.

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