Après le FMI, l'OCDE a également revu ses attentes à la baisse pour l'économie mondiale. Quelle que soit l'évolution du conflit au Moyen-Orient, l'organisation a déclaré ce mercredi prévoir une croissance atténuée accompagnée d'une inflation accrue d'ici 2026, principalement en raison de la flambée des prix de l'énergie et des engrais, impactant ainsi gravement la France.
Dans un contexte de tensions prolongées, l'OCDE affecta un avenir incertain à l'économie française, qui connaît déjà une pression accrue. La prévision de croissance pour la France est désormais d'environ 0,7 %, une baisse de 0,1 point par rapport aux attentes précédentes. Pour 2027, cette prévision est fixée à 0,8 %, soit une chute de 0,2 point.
La croissance mondiale revue à la baisse, à 2,8 %... voire 2,1 %
Les conséquences économiques de ce conflit risquent de perdurer bien au-delà de sa fin, suggère l'OCDE. D'après leur rapport, « il faudra plusieurs mois pour réparer les infrastructures dégradées et rétablir les chaînes d'approvisionnement », indique un porte-parole de l'organisation à Paris.
Avant la guerre, l'économie mondiale était relativement résiliente, soutenue par des investissements technologiques. Cependant, la montée des prix réduit le pouvoir d'achat et la confiance des entreprises, tandis que des pénuries se dessinent déjà à l'horizon. Les pays asiatiques, fortement tributaires des importations du Moyen-Orient, sont particulièrement touchés, mais l'impact s'étendra à d'autres régions en raison des interconnexions des chaînes d'approvisionnement.
En conséquence, l'OCDE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, initialement estimée à 2,9 % en mars. Dans le cadre d'une situation de perturbations temporaires et de perspectives d'accords de paix, la croissance mondiale pourrait atteindre 2,8 %. L'inflation devrait diminuer progressivement dès 2026, permettant une anticipation d'une reprise à 3,1 % en 2027.
Cependant, en absence d'accord, les projections pour 2026 seraient alarmantes, avec une croissance limitée à 2,1 % et 1,8 % pour 2027, entraînant plusieurs économies vers la récession. Cela impliquerait une hausse des taux d'intérêts et des tensions supplémentaires sur les coûts d'exploitation, particulièrement dans des secteurs comme l'intelligence artificielle.
L'OCDE préconise des actions ciblées et temporaires
Alors que l'issue du conflit reste incertaine, l'OCDE maintient une approche optimiste mais prudente. Le chef économiste de l'OCDE, Stefano Scarpetta, a expliqué dans le rapport qu'à la fin mai, un règlement semblait de plus en plus possible.
Dans un contexte d'incertitude, l'organisation appelle à des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises bien ciblées, afin d'éviter un fardeau financier excessif. De plus, elle recommande aux banques centrales de rester vigilantes face à des signes de hausse des tensions économiques.
D'autres institutions, comme la Banque de France, se préparent également à une éventuelle baisse de leurs prévisions de croissance, révélant ainsi la complexité et l'interdépendance des économies dans un monde en mutation rapide.







