Face aux nouvelles réglementations locales sur les logements, Airbnb évolue en intégrant hôtels indépendants, location de voitures et livraison de courses, avec l'ambition de devenir une plateforme de voyage tout-en-un.
Lors d'une présentation spectaculaire à San Francisco, son fondateur Brian Chesky a levé le voile sur cette diversification, un an après le lancement des services à domicile et des "expériences" proposant des activités localement.
Les nouvelles fonctionnalités incluent l'ajout de milliers d'hôtels uniques dans des villes clés comme Paris, Londres, Rome et Singapour. Longtemps perçue comme une alternative à l'hôtellerie traditionnelle, la plateforme ambitionne de se positionner en véritable intermédiaire de réservation, en concurrence directe avec des géants comme Booking.com et Expedia, qui affichent des millions d'hôtels à leur catalogue.
"Nous savons qu'un logement ne convient pas à toutes les situations", a souligné Chesky, évoquant des cas tels que les voyages de dernière minute ou les séjours d'une nuit. Il a même fait référence à la situation difficile à New York, où la quasi-totalité des locations de courte durée est interdite depuis 2023. "Quand rien n'est disponible, la réponse, c'est l'hôtel!" a-t-il ajouté sous les applaudissements de ses employés.
Chesky a insisté sur le fait que le marché des hôtels indépendants, représentant environ 60% de l'offre mondiale, n'est pas à négliger. Ces établissements cherchent un partenaire pour rivaliser avec les grandes chaînes et démontrent un intérêt croissant pour une plateforme comme Airbnb qui leur est dédiée.
Cette évolution fait suite à une pression réglementaire croissante sur les locations touristiques dans certaines villes. En janvier dernier, l'Espagne a infligé une amende conséquente de 65 millions d'euros à Airbnb pour des annonces jugées non conformes. Barcelone a par ailleurs mis fin à la délivrance de licences de location, alors que Paris intensifie sa chasse aux annonces illégales, bien que la société défende que seulement 8% des offres dans la capitale proviennent de meublés touristiques.
Lors de sa présentation, Chesky a pris le soin de ne pas aborder trop directement la question des régulations, préférant relier les statistiques de ses 5 millions d'hôtes à des stéréotypes humoristiques, notamment en évoquant la présence de fonctionnaires dans le spectre des hôtes.
Parmi les nouvelles fonctionnalités, la livraison de courses, en partenariat avec Instacart, sera disponible dans une trentaine d'agglomérations américaines. À l'échelle mondiale, l'application proposera également des services de transfert d'aéroport et de consigne à bagages dans plus de 160 villes.
Parallèlement, Airbnb prévoit de lancer une option de location de voitures, tout en maintenant le suspense quant aux partenaires impliqués. Ces initiatives rappellent des stratégies similaires d'Uber, qui cherche à se diversifier pour capter une clientèle plus large.
Pour agrémenter l'expérience utilisateur, la plateforme intégrera des outils d'intelligence artificielle permettant de synthétiser les avis, de comparer des annonces personnalisées et d'offrir une assistance en plusieurs langues.
Dans le premier trimestre 2026, Airbnb a annoncé un chiffre d'affaires de 2,68 milliards de dollars, en hausse de 18% par rapport à l'année précédente. Toutefois, selon sa directrice financière Ellie Mertz, les nouveaux services mis en avant récemment ne devraient pas générer de revenus significatifs à court terme.
Malgré tout, Airbnb clame que ces services ont déjà bénéficié à des millions utilisateurs dans le monde entier. Chesky, quant à lui, a partagé quelques succès individuels parmi les hôtes, citant l'exemple d'Alex, un photographe à Paris, ayant gagné 145.000 dollars l'année dernière.







