Les marchés boursiers à travers le monde affichent une prudence notable ce mercredi, en réaction à l'annonce du prolongement indéfini de la trêve au Moyen-Orient, sans perspective de réouverture du détroit d'Ormuz, tout en suivant de près les résultats financiers des entreprises.
En Europe, à 11H20 GMT, les indices se comportent de manière contrastée : Paris affiche une baisse de 0,31%, tandis que Francfort est légèrement en retrait de 0,01%. Londres et Milan restent quant à eux équilibrés.
Du côté des États-Unis, les contrats à terme sur les indices annoncent une ouverture en légère hausse.
Sur le marché pétrolier, baromètre essentiel de la confiance des investisseurs, la stabilité est de mise. Le pétrole Brent, référence pour le brut européen, affiche une légère hausse de 0,75% à 99,22 dollars le baril, tandis que le WTI américain gagne 0,67% à 90,27 dollars.
Mardi soir, le président américain a déclaré un maintien indéfini de la trêve en vigueur avec l'Iran depuis le 8 avril, malgré la continuité du blocus maritime américain sur les ports iraniens. Néanmoins, cette nouvelle n'apporte pas une sérénité accrue aux investisseurs.
Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, souligne : "Une nouvelle escalade pourrait survenir à tout moment. Le blocus pourrait pousser le régime iranien à adopter des mesures militaires, maintenant ainsi un climat d'insécurité." John Plassard de Cité Gestion ajoute que "le risque demeure présent, bien qu'il soit temporairement écarté, laissant les investisseurs dans une zone d'incertitude." Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, estime que les bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans les marchés, posant la question de l'impact prolongé du blocage du détroit sur la nervosité des marchés.
En Asie, l'indice Hang Seng de Hong Kong a chuté de 1,22%, contrairement au Nikkei de Tokyo qui a gagné 0,40%, et le Kospi de Séoul qui a vu une hausse de 0,46%, soutenu par le secteur technologique.
En ce qui concerne les performances des entreprises, le fabricant de semi-conducteurs ASM International a enregistré une forte hausse de 7,16% à Amsterdam après des prévisions de chiffre d'affaires dépassant les attentes des analystes, profitant d'une dynamique alimentée par l'intelligence artificielle. En revanche, le laboratoire Eurofins Scientific a subi une perte de plus de 10% suite à des résultats trimestriels inférieurs aux anticipations.
Bureau Veritas a aussi ajusté à la baisse ses perspectives pour 2026, ce qui entraîne une chute de 12,35% de son action. La Française des Jeux, rebaptisée FDJ United, a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 3,2%, impactée par une augmentation fiscale, et a également révisé ses prévisions.
Aux États-Unis, l'attention est tournée vers Tesla, qui doit communiquer ses résultats plus tard dans la journée, avec des prévisions d'une augmentation du chiffre d'affaires entre 13 et 17% par rapport à l'année précédente.
Enfin, du côté du Royaume-Uni, l'inflation est en hausse, atteignant 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, principalement en raison de la flambée des prix des hydrocarbures causée par la guerre au Moyen-Orient. Le taux d'intérêt à dix ans demeure stable à 4,87%. Emma Wall de Hargreaves Lansdown pointe que "ce ne sera probablement pas un seul chiffre d'inflation qui poussera la Banque d'Angleterre à modifier son taux directeur la semaine prochaine." Le taux d'intérêt allemand, référence en Europe, est quant à lui descendu à 2,99%.







